La faillite de l’approche sécuritaire : L’Algérie devenue une plaque tournante de la harga en Méditerranée
Pendant que les discours officiels se gargarisent d’une prétendue maîtrise des frontières et d’une prétendue stabilité qui retiendrait la jeunesse, la réalité du terrain vient une nouvelle fois démentir la propagande d’Alger. Selon les dernières données du ministère italien de l’Intérieur, relayées par l’agence de presse Agenzia Nova, l’Algérie s’impose désormais comme l’un des principaux points de transit et de départ de la migration clandestine en Méditerranée. Le constat est sans appel et met à nu l’échec cuisant des politiques socio-économiques et sécuritaires du régime.
Alors que l’Italie enregistre une baisse globale de 55,75 % des arrivées de migrants clandestins sur son territoire au cours des neuf derniers mois par rapport à la même période de l’année précédente, les côtes algériennes font figure d’exception alarmante. Les chiffres officiels brisent le verrou de l’omerta : 2 963 personnes ont réussi à rejoindre l’Italie à partir de l’Algérie, contre 1 083 un an plus tôt. Cette hausse vertigineuse de 173,59 % démontre que la machine de la harga tourne à plein régime, alimentée par le désespoir ambiant. Le phénomène s’est encore accéléré le mois dernier, avec 671 arrivées enregistrées depuis l’Algérie, dépassant même la Tunisie voisine qui n’a comptabilisé que 441 départs.
Cette explosion des flux ne concerne plus uniquement la jeunesse algérienne, contrainte de fuir l’absence d’horizons et l’étouffement des libertés. L’Algérie est devenue une zone de passage privilégiée pour des réseaux internationaux bien structurés. Parmi les nationalités recensées par les autorités italiennes, les ressortissants du Bangladesh arrivent en tête, talonnés immédiatement par les Algériens avec 2 721 migrants, suivis de près par des flux en provenance de la Corne de l’Afrique et de l’Asie du Sud, notamment de Somalie, du Soudan, d’Érythrée et du Pakistan. La porosité des frontières méridionales et l’inefficacité des contrôles laissent s’activer des filières criminelles de passeurs qui opèrent au vu et au su de tous, transformant le littoral en un hub migratoire à ciel ouvert. En refusant d’attaquer le mal à la racine et en s’enfermant dans le tout-sécuritaire, le pouvoir ne fait que déplacer le problème, laissant des milliers d’Algériens et de déshérités s’en remettre aux barques de la mort.
