Riyadh et Dammam ciblées par les Houthis : au moins 13 morts et plusieurs installations énergétiques d’Aramco touchées

Riyadh et Dammam ciblées par les Houthis : au moins 13 morts et plusieurs installations énergétiques d’Aramco touchées

L’Arabie saoudite a été la cible d’une série d’attaques revendiquées par les rebelles houthis du Yémen, visant notamment les aéroports de Riyadh et de Dammam ainsi que plusieurs installations énergétiques du géant pétrolier Aramco. Le bilan fait état d’au moins 13 morts et de centaines de blessés, tandis que les autorités saoudiennes ont promis une réponse ferme à ce qu’elles qualifient de crime de guerre.

Les attaques se sont multipliées au cours des dernières 24 heures. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a affirmé que le mouvement avait mené quatre opérations d’envergure contre des objectifs saoudiens, dont l’aéroport international de Riyadh, celui de Dammam, deux sites d’Aramco, une installation gazière de Shugadam et la raffinerie de Tanajib.

L’attaque contre l’aéroport de la capitale saoudienne, survenue le 10 octobre, aurait fait au moins 13 morts et 309 blessés. Le premier bilan communiqué faisait état de 12 victimes de différentes nationalités, dont quatre Saoudiens, deux Bangladais, ainsi que des ressortissants américain, égyptien, argentin, syrien, palestinien et soudanais. L’ambassade de l’Inde a ensuite annoncé le décès d’un ressortissant indien, qui avait succombé à ses blessures.

Un projectile a provoqué un incendie au terminal 4 de l’aéroport, faisant plusieurs blessés et entraînant la suspension des vols. Les perturbations ont désorganisé le trafic aérien et laissé de nombreux voyageurs dans l’incertitude. Certains passagers ont été contraints de patienter pendant des heures, tandis que d’autres ont été redirigés vers des destinations alternatives.

Dammam, dans l’est du royaume, a également été visée. Yahya Saree a affirmé que l’attaque avait atteint son objectif et perturbé le trafic aérien. Les autorités saoudiennes de l’aviation civile ont, de leur côté, signalé une nouvelle attaque contre l’aéroport dimanche soir, précisant que l’ampleur des dégâts était en cours d’évaluation.

Les rebelles ont également revendiqué des opérations contre plusieurs infrastructures énergétiques, notamment des installations liées à Aramco. Ces attaques font peser une menace supplémentaire sur des sites stratégiques pour l’économie saoudienne, alors que le royaume demeure un acteur central du marché mondial des hydrocarbures.

Dans un avertissement adressé aux voyageurs, aux personnels aéroportuaires et aux compagnies aériennes, les Houthis ont déclaré que les aéroports saoudiens n’étaient plus sûrs, à l’exception de ceux de La Mecque et de Médine. Cette déclaration accentue les inquiétudes concernant la sécurité du transport aérien dans le royaume et les conséquences potentielles sur les déplacements internationaux.

La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a dénoncé un « crime de guerre » et annoncé qu’elle répondrait fermement aux attaques. Le royaume avait déjà été confronté à des opérations meurtrières sur son territoire, mais le bilan actuel rappelle l’ampleur des risques liés à l’extension du conflit yéménite. En août 2015, un attentat-suicide revendiqué par l’organisation État islamique avait fait 15 morts.

Les réactions internationales se sont multipliées. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a condamné ce qu’il a qualifié d’« horrible attaque terroriste ». Le président américain Donald Trump a également jugé les attaques inacceptables, tout en indiquant qu’il examinerait la possibilité d’une participation militaire américaine contre les Houthis. Il a annoncé son intention de s’entretenir avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Les Nations unies, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Qatar, la Jordanie, la Russie, l’Irak et le Pakistan ont également condamné les attaques. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé une « dangereuse escalade », tandis que les Émirats arabes unis ont exprimé leur solidarité avec Riyad.

Les conséquences se font déjà sentir au-delà du royaume. Les perturbations du trafic aérien ont notamment compliqué le retour de la ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, qui participait à la « Semaine de l’énergie ». Sur place, les difficultés de communication et le manque d’informations ont alimenté l’inquiétude des voyageurs, dont certains se sont retrouvés bloqués dans les aéroports.

Cette série d’attaques marque une nouvelle étape dans la confrontation entre les Houthis et l’Arabie saoudite. En visant simultanément des infrastructures aéroportuaires et énergétiques, le mouvement yéménite entend démontrer sa capacité à atteindre des objectifs éloignés du front. Riyad doit désormais faire face à une pression sécuritaire accrue, tandis que les appels internationaux à contenir l’escalade se multiplient.

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