Pétrole : les attaques contre l’Arabie saoudite et des pétroliers ravivent les craintes sur l’approvisionnement

Pétrole : les attaques contre l’Arabie saoudite et des pétroliers ravivent les craintes sur l’approvisionnement

Les cours du pétrole ont progressé de plus de 1 % lundi, soutenus par les attaques revendiquées par les Houthis contre l’Arabie saoudite et les incidents visant des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Ces événements ont ravivé les inquiétudes concernant la sécurité des approvisionnements mondiaux, éclipsant les perspectives d’une augmentation de l’offre et les annonces américaines sur les exportations russes de gazole.

Le Brent, référence internationale, a clôturé en hausse de 1,93 dollar, soit 1,8 %, à 106,65 dollars le baril, atteignant son plus haut niveau depuis le 15 septembre. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a gagné 1,89 dollar, soit 2 %, pour terminer à 93,74 dollars.

Les tensions se sont accentuées après une attaque revendiquée samedi par les Houthis, proches de l’Iran, contre l’aéroport international de Riyad. D’autres attaques ont été signalées dimanche, faisant craindre une extension des perturbations dans une région essentielle à la production et au transport des hydrocarbures.

Les inquiétudes portent également sur le trafic maritime. Un pétrolier a été touché par un drone près de Sohar, à Oman, tandis qu’un autre a été endommagé lors de son passage dans le détroit d’Ormuz, selon le service britannique des opérations commerciales maritimes. Ces incidents menacent de compromettre la reprise des exportations de brut du Moyen-Orient observée en septembre et renforcent la prime de risque géopolitique intégrée dans les cours.

Dans ce contexte, Goldman Sachs a relevé de 85 à 90 dollars le baril sa prévision du Brent pour décembre, estimant la prime de risque à un peu plus de 20 dollars le baril. La banque prévoit également que le WTI restera moins cher que le Brent, notamment en raison des coûts élevés de transport entre les États-Unis et l’Europe.

La progression des cours intervient alors que d’autres facteurs pourraient contribuer à accroître l’offre. Dans le golfe du Mexique, Shell, Chevron et BP cherchent à rétablir leur production après le passage de l’ouragan Isaias. Parallèlement, le président américain Donald Trump a annoncé la reprise de livraisons supplémentaires de gazole russe aux marchés internationaux.

Cette annonce a fait reculer les contrats à terme sur le gazole européen de 2,3 %, à 1 449 dollars la tonne. Donald Trump a indiqué que la Russie fournirait immédiatement plus de 300 000 tonnes de gazole, soit environ 2,25 millions de barils, d’autres livraisons étant prévues d’ici la fin de l’année. L’impact de ces volumes sur les prix reste toutefois incertain, compte tenu notamment de la réduction des capacités de raffinage russes.

Le président américain a également annoncé un cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine concernant les infrastructures énergétiques. Kiev a cependant accusé Moscou d’avoir violé cet engagement lundi, laissant planer des doutes sur son application.

Malgré les perspectives d’un renforcement de l’offre, les risques pesant sur les installations énergétiques et les voies maritimes stratégiques continuent ainsi de soutenir les prix du brut. L’évolution des tensions au Moyen-Orient demeure un facteur déterminant pour les prochaines séances, alors que les marchés évaluent la possibilité de nouvelles perturbations des approvisionnements.

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