Colère à Oran : Des habitations démolies à Cap Rousseau sans solution de relogement
Le couperet est tombé brutalement sur la plage de Cap Rousseau, dans la commune de Bir El Djir. Ce mardi 13 octobre 2026, les bulldozers de la municipalité ont procédé à la démolition systématique de plusieurs habitations considérées comme illégales par les autorités locales. Menée sous la direction du wali d’Oran, Ibrahim Ouchane, cette opération est officiellement justifiée par la lutte contre l’occupation illicite du domaine public maritime. Pourtant, sur le terrain, cette intervention administrative cache une réalité humaine dramatique : l’expulsion sans ménagement de citoyens de ce qui leur servait de foyers, sans la moindre perspective de relogement.
Cette politique de la table rase suscite une vive vague d’indignation parmi les habitants et les observateurs locaux. Si l’argument de la préservation du littoral est systématiquement brandi par les cercles officiels, détruire des abris sans proposer d’alternative concrète aggrave la précarité sociale de familles déjà fragilisées par la crise du logement. L’absence de concertation préalable et la rapidité de l’exécution privent ces citoyens de leur droit le plus fondamental à un toit, les jetant à la rue du jour au lendemain sous prétexte de libérer des espaces de villégiature.
Pour de nombreux riverains, cette action policière et administrative illustre une déconnexion flagrante face à la détresse des classes les plus démunies. En privilégiant la force publique à l’accompagnement social, les autorités locales transforment un problème d’urbanisme en un drame humanitaire. Alors que les gravats jonchent encore la plage de Cap Rousseau, l’avenir des personnes expulsées demeure totalement incertain, relançant les critiques sur une gestion locale qui privilégie l’image du littoral au détriment de la dignité humaine de ses habitants.
