Bali paralysée par une pénurie de carburant, des centaines de personnes manifestent contre les autorités

Bali paralysée par une pénurie de carburant, des centaines de personnes manifestent contre les autorités

Des centaines de personnes ont manifesté jeudi à Bali, en Indonésie, pour dénoncer une pénurie d’essence qui perturbe les déplacements et le quotidien des habitants de cette île touristique très fréquentée. Devant les stations-service, les files d’attente s’étendent sur plus d’un kilomètre et les automobilistes doivent patienter parfois jusqu’à huit heures pour se ravitailler. Alors que les autorités assurent disposer de réserves suffisantes pour couvrir les besoins de l’archipel, les retards de distribution alimentent la colère de la population et ravivent les inquiétudes sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique du pays.

À Denpasar, capitale provinciale de Bali, la situation a pris une tournure particulièrement tendue. de longues files de véhicules se sont formées devant plusieurs stations-service, atteignant plus d’un kilomètre. Les automobilistes, contraints de patienter durant de longues heures pour obtenir de l’essence, font face à des difficultés croissantes pour se déplacer, travailler et assurer leurs activités quotidiennes.

Environ 500 personnes se sont rassemblées devant le bureau du gouverneur afin d’exprimer leur mécontentement et de réclamer une réponse rapide des autorités. Cette mobilisation traduit l’exaspération d’habitants confrontés à une pénurie dont les conséquences dépassent les seules difficultés de ravitaillement. Pour de nombreux ménages, l’essence est indispensable aux déplacements professionnels, aux activités commerciales et aux besoins de la vie courante. Les longues heures passées devant les pompes représentent ainsi une perte de temps et une contrainte supplémentaire pour une population déjà affectée par les perturbations de l’approvisionnement.

« C’est un vrai désastre… nous faisons la queue depuis quatre à huit heures. J’espère vraiment que la réaction du gouvernement sera bien meilleure », a déclaré à l’AFP Adolf Alfino, un étudiant de 21 ans participant à la manifestation. Son témoignage résume le sentiment d’impatience qui gagne les habitants, alors que les assurances officielles peinent à apaiser les inquiétudes et que le retour à une distribution normale tarde à se concrétiser.

Face à la montée du mécontentement, les autorités ont appelé la population au calme, affirmant que les volumes de carburant disponibles étaient suffisants pour répondre aux besoins de l’ensemble de l’Indonésie. L’archipel reste toutefois dépendant des approvisionnements en essence et en diesel importés, ce qui le rend sensible aux perturbations logistiques et aux tensions qui affectent les marchés énergétiques internationaux.

La compagnie pétrolière et gazière publique Pertamina a attribué les difficultés observées à Bali à des retards dans la distribution, provoqués par des problèmes rencontrés par un pétrolier lors du déchargement de sa cargaison. Selon l’entreprise, ces contraintes logistiques ont perturbé l’acheminement du carburant vers les stations-service, provoquant des files d’attente inhabituelles et des difficultés de ravitaillement dans plusieurs secteurs de l’île.

Le navire concerné, qui transportait plus de 22 millions de litres de carburant, est arrivé à Bali mardi. Le gouverneur de la province, I Wayan Koster, a indiqué que les approvisionnements devaient permettre de couvrir la demande locale pendant les sept jours suivants. Cette annonce visait à rassurer les habitants et à prévenir une aggravation de la panique autour des stations-service.

Cependant, l’arrivée du pétrolier n’a pas immédiatement mis fin aux difficultés rencontrées par les consommateurs. Les retards dans la distribution et l’acheminement des produits vers les points de vente ont continué d’alimenter les files d’attente, mettant en évidence les limites d’un approvisionnement qui dépend non seulement de la disponibilité des stocks, mais également de la capacité à les acheminer rapidement vers les zones concernées.

Pour les manifestants, les annonces officielles ne suffisent plus. Ils attendent des mesures concrètes permettant de rétablir un accès normal au carburant et d’éviter que les mêmes difficultés ne se reproduisent dans les jours suivants. La promesse de réserves suffisantes ne répond pas, à elle seule, aux préoccupations des habitants lorsque les stations-service restent difficiles d’accès et que le ravitaillement exige plusieurs heures d’attente.

Ibram Syahbani, une vendeuse de 23 ans, a notamment exprimé sa déception face à l’incapacité des autorités à résoudre le problème dans le délai de deux jours qui avait été annoncé. « J’en ai vraiment marre de la situation actuelle. Ma famille et moi sommes aussi très touchés. Et qu’on le veuille ou non, on doit faire la queue », a-t-elle déclaré.

Ce témoignage illustre les répercussions de la pénurie sur les ménages, dont les activités quotidiennes sont directement affectées par les difficultés de déplacement. Pour les travailleurs indépendants, les commerçants et les personnes qui dépendent de leur véhicule pour exercer leur activité, l’accès au carburant constitue une nécessité économique autant qu’un besoin pratique. Les heures perdues dans les files d’attente peuvent ainsi compliquer le maintien des activités professionnelles et accentuer les contraintes qui pèsent sur les revenus.

Pour tenter de réduire les déplacements et d’alléger la pression sur la demande, le gouverneur I Wayan Koster a ordonné aux employés de l’administration de travailler à domicile pendant trois jours à compter de jeudi. Les établissements scolaires et les universités doivent également passer à l’enseignement en ligne durant la même période.

Ces mesures visent à limiter les trajets quotidiens, dans l’espoir de réduire les besoins immédiats en essence et de faciliter le ravitaillement. Elles témoignent également de l’ampleur des perturbations, qui ont conduit les autorités provinciales à adapter temporairement le fonctionnement des administrations et des établissements d’enseignement.

Pour une île comme Bali, dont l’activité repose largement sur le tourisme et les services, les perturbations de la mobilité constituent également une source de préoccupation. Les déplacements des travailleurs, des commerçants et des visiteurs dépendent fortement de la disponibilité des moyens de transport. Une pénurie prolongée risque ainsi de compliquer le fonctionnement de nombreuses activités, même si les informations disponibles ne permettent pas encore de mesurer précisément ses conséquences économiques.

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