Yémen : une attaque de missiles houthis contre le palais présidentiel fait deux morts à Aden
Deux membres des forces de sécurité ont été tués et plusieurs personnes blessées dans une attaque de missiles balistiques menée jeudi contre le palais présidentiel d’Aden, dans le sud du Yémen, siège du gouvernement internationalement reconnu. Le Premier ministre, Shaya Zindani, et plusieurs ministres présents sur les lieux sont sortis indemnes de cette attaque, selon le ministre de l’Information, Moammar al-Eryani.
Cinq missiles balistiques ont touché le palais al-Maashiq, a précisé le ministre à la BBC. Des images vidéo vérifiées diffusées sur les réseaux sociaux ont montré de la fumée s’élevant au-dessus du complexe présidentiel, situé dans la ville portuaire d’Aden.
Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Sarea, a revendiqué une frappe contre ce qu’il a présenté comme « le quartier général des opérations militaires de l’ennemi saoudien à Aden ». Les rebelles, soutenus par l’Iran, affrontent les forces du gouvernement yéménite, appuyées par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite.
Le Premier ministre Shaya Zindani a condamné une attaque qu’il a qualifiée de « lâche », dénonçant la poursuite des actions armées des Houthis. Il a affirmé que son gouvernement continuait d’exercer ses fonctions et que les forces progouvernementales poursuivraient leurs opérations sur les lignes de front, notamment le long de la côte sud-ouest du pays, qui borde la mer Rouge.
Cette attaque intervient dans un contexte d’intensification des affrontements au Yémen et de multiplication des incidents impliquant l’Arabie saoudite. Plus tôt jeudi, les Houthis avaient démenti avoir attaqué le territoire saoudien, après l’annonce par la coalition de l’interception d’un missile de croisière dans la région de Médine.
Depuis plusieurs semaines, les rebelles multiplient les tirs de missiles et de drones contre des aéroports, des installations pétrolières et gazières ainsi que des positions militaires saoudiennes. Ils présentent ces opérations comme des représailles aux frappes menées par la coalition sur les territoires qu’ils contrôlent dans l’ouest du Yémen, notamment autour de Sanaa, la capitale.
Samedi, une attaque de missile houthie contre l’aéroport international de Riyad aurait fait 13 morts, selon les informations rapportées dans le bilan du conflit. Il s’agirait de l’attaque la plus meurtrière en Arabie saoudite depuis plus de dix ans.
Riyad accuse Téhéran d’encourager cette escalade. Le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères, Rayed Krimly, a affirmé que l’Iran continuait d’armer, d’entraîner et de soutenir les Houthis, en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Il estime également que l’intensification récente des hostilités est encouragée par Téhéran.
L’Iran n’a pas réagi dans l’immédiat à ces accusations. Les autorités iraniennes ont toutefois déjà démenti fournir des armes aux rebelles, affirmant limiter leur soutien à un appui politique. Le ministre iranien des Affaires étrangères a, de son côté, déclaré que son pays était prêt à apporter son aide pour faciliter l’ouverture de négociations entre l’Arabie saoudite et les Houthis.
Le conflit yéménite a débuté en 2014, lorsque les rebelles se sont emparés de Sanaa et ont chassé le gouvernement internationalement reconnu de la capitale. En 2015, l’intervention d’une coalition militaire menée par Riyad, destinée à rétablir les autorités en place, a entraîné une intensification de la guerre.
Selon le ministère de la Santé du gouvernement yéménite, les combats menés depuis le 6 août ont fait au moins 1 282 morts et 5 890 blessés. L’ONU fait également état de 201 000 nouveaux déplacés et d’une hausse alarmante des cas suspects de choléra.
L’attaque contre le palais présidentiel d’Aden souligne ainsi la persistance des affrontements autour des centres de pouvoir du Yémen, alors que les combats sur le terrain et les tensions entre les Houthis et l’Arabie saoudite menacent d’élargir encore la portée régionale du conflit.
