Jordanie : sept morts dans une attaque contre une église, une vaste traque pour retrouver les assaillants
Sept personnes ont été tuées vendredi lors d’une fusillade survenue pendant des funérailles à l’église de Hamoud, dans le gouvernorat de Karak, dans le sud de la Jordanie. Les autorités jordaniennes ont qualifié l’attaque d’acte terroriste imputé à des extrémistes, tandis que les forces de sécurité poursuivent leurs recherches pour retrouver les assaillants. Le ministère de la Santé a fait état de 40 blessés, dont plusieurs étaient toujours pris en charge dans les établissements hospitaliers.
Le directeur de la Sécurité publique, le général Abdallah al-Maaytah, a confirmé le bilan de sept morts lors d’une conférence de presse. Le ministre de l’Intérieur, Mazin Al-Farrayeh, a attribué l’attaque à des « extrémistes », tout en soulignant qu’il était encore trop tôt pour déterminer si les auteurs présumés entretenaient des liens avec des organisations connues, en Jordanie ou à l’étranger. Aucune revendication n’avait été enregistrée dans l’immédiat.
Selon des témoins cités par la télévision publique Al-Mamlaka, les hommes armés ont ouvert le feu pendant plusieurs minutes sur les personnes réunies pour les funérailles. Khaled Burqan, présent sur les lieux, a raconté que des dizaines de personnes assistaient à la cérémonie lorsque les tirs ont éclaté. Un autre témoin, Ihab Ammareen, a décrit des scènes de panique, évoquant des personnes ensanglantées s’effondrant au sol, tandis que les cris et les pleurs se mêlaient à la confusion.
Des images diffusées par Al-Mamlaka, qui semblent provenir d’une caméra de surveillance installée à proximité de l’église, montrent trois individus tirant depuis le trottoir, se mettant à couvert derrière des arbres et un muret, puis courant en direction de l’entrée de l’édifice. Reuters a indiqué avoir pu vérifier plusieurs éléments de la vidéo, notamment le chemin d’accès et le mur entourant l’église.
Le roi Abdallah II s’est rendu à Karak quelques heures après l’attaque. Dans une déclaration, il a promis que les responsables seraient sanctionnés avec la plus grande fermeté. « L’attaque terroriste contre Karak fera l’objet de la riposte la plus sévère », a-t-il affirmé, ajoutant que ceux qui espéraient diviser les Jordaniens par la violence se heurteraient à leur unité.
Le souverain a également dénoncé une tentative de fracture de la société jordanienne, alors que le pays est confronté depuis plusieurs années à des menaces liées à l’extrémisme islamiste. Malgré sa stabilité relative, la Jordanie affirme avoir déjoué plusieurs projets d’attentats imputés à des militants islamistes. La fusillade de vendredi constitue toutefois une attaque rare dans le royaume.
Le Premier ministre Jafar Hassan a lui aussi dénoncé une idéologie terroriste et un extrémisme aveugle. Dans un message publié sur le réseau social X, il a assuré que le gouvernement ne laisserait pas la société jordanienne s’engager sur cette voie. Les forces de sécurité restent mobilisées pour identifier les auteurs et établir les circonstances précises de la fusillade.
Sur place, des images tournées après l’attaque par Reuters montrent des traces de sang près de l’entrée de l’église, où des membres des forces de sécurité avaient été déployés. À l’hôpital public de Karak, des habitants se sont rassemblés pour soutenir les blessés. Hani Al-Mbaydeen, présent parmi eux, a appelé les autorités à enquêter sur les idées extrémistes et à déterminer comment elles peuvent s’enraciner dans l’esprit des jeunes.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a condamné les violences, rappelant que les attaques contre les civils et les lieux de culte étaient inacceptables. L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Mike Waltz, a pour sa part dénoncé une attaque brutale contre un lieu de prière.
La fusillade intervient dans un pays où les chrétiens représentent une minorité de la population. La Jordanie abrite plusieurs sites bibliques qui attirent des pèlerins chrétiens du monde entier. L’attaque de Hamoud ravive ainsi les inquiétudes autour de la sécurité des lieux de culte et de la coexistence entre les différentes communautés du royaume.
Les enquêteurs doivent désormais déterminer les motivations des assaillants, établir leur éventuelle appartenance à un réseau organisé et préciser si l’église et les fidèles réunis pour les funérailles étaient spécifiquement visés. En l’absence de revendication et d’éléments publics permettant d’établir un lien avec une organisation connue, ces questions restent ouvertes.
