Cameroun : après 44 ans au pouvoir, le retour de Paul Biya dans son pays suscite critiques et moqueries

Cameroun : après 44 ans au pouvoir, le retour de Paul Biya dans son pays suscite critiques et moqueries

Le retour du président camerounais Paul Biya au Cameroun, après un séjour prolongé en Suisse, a déclenché une vague de critiques et de sarcasmes sur les réseaux sociaux. Au pouvoir depuis 1982, le chef de l’État est visé par des commentaires dénonçant ses absences répétées, alors que le pays fait face à des difficultés économiques et sociales ainsi qu’à des crises sécuritaires persistantes.

Selon le Washington Post, plusieurs Camerounais ont tourné en dérision ce retour, le présentant ironiquement comme une visite officielle d’un chef d’État étranger dans son propre pays. Ces réactions traduisent le mécontentement d’une partie de la population face aux longues périodes passées par le président à l’étranger, sur fond de chômage et de conflit séparatiste dans les régions anglophones.

Paul Biya avait notamment quitté le Cameroun le 7 juin avant d’y revenir le 20 août, après environ dix semaines d’absence. Ce déplacement n’est pas un cas isolé. En 2024, le président s’était également absenté pendant près de deux mois, tandis que d’autres séjours à l’étranger ont alimenté les interrogations sur la fréquence de sa présence au Cameroun.

D’après des estimations relayées par les médias internationaux et attribuées à un rapport du Projet de signalement du crime organisé et de la corruption (OCCRP), le chef de l’État aurait passé environ quatre ans et demi à l’étranger dans le cadre de voyages privés jusqu’en 2018. Cette durée aurait continué d’augmenter au cours des années suivantes.

Ces absences interviennent alors que la question de la continuité du pouvoir suscite des interrogations. En avril dernier, le Parlement camerounais a adopté un amendement constitutionnel rétablissant le poste de vice-président. Toutefois, selon les informations rapportées, ce poste demeurait vacant, relançant le débat sur les mécanismes institutionnels prévus en cas de vacance de la présidence.

Sur le plan sécuritaire, le Cameroun reste confronté au conflit séparatiste dans ses régions anglophones, où les violences perdurent depuis près d’une décennie. Le pays doit également faire face aux menaces de groupes armés actifs dans la région du lac Tchad. Ces crises s’ajoutent aux difficultés économiques et sociales qui pèsent sur la population.

Après plus de quatre décennies à la tête du pays, Paul Biya continue ainsi de concentrer l’attention sur la question de la succession et de la stabilité institutionnelle. Ses absences répétées, combinées aux défis auxquels le Cameroun est confronté, alimentent les interrogations sur la capacité des institutions à assurer une transition ordonnée du pouvoir.

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