Irak : Ali al-Zaidi prend personnellement la tête des services de renseignement

Irak : Ali al-Zaidi prend personnellement la tête des services de renseignement

Le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, a pris jeudi 29 octobre les fonctions de chef du Service national de renseignement, une décision présentée par les autorités comme une réponse aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté et aux exigences du rétablissement de sa pleine souveraineté. Cette prise de contrôle intervient trois jours après la révocation de son prédécesseur, Hamid Rashid Faleh al-Shatri, sans que les autorités aient officiellement précisé les raisons de son départ.

L’annonce a été faite par Sabah al-Nu’man, porte-parole du commandant en chef des forces armées. Selon lui, Ali al-Zaidi s’est rendu au siège du service pour y prendre officiellement ses fonctions. Cette décision s’inscrit, d’après les autorités, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants et la volonté de renforcer la souveraineté de l’État irakien.

Le porte-parole du gouvernement, Haider al-Aboudi, a pour sa part affirmé que cette nomination traduisait le soutien de l’exécutif aux institutions chargées de la sécurité stratégique. Il a souligné l’importance accordée au Service national de renseignement dans le dispositif sécuritaire du pays.

Lors de sa visite, Ali al-Zaidi a rencontré les responsables et les officiers de l’agence. Il a insisté sur la nécessité de préserver cette institution des rivalités partisanes, des pressions des factions et des divisions confessionnelles qui traversent la vie politique irakienne.

« Les services de renseignement appartiennent à tous les Irakiens et doivent être préservés des quotas partisans, factionnels et sectaires », a-t-il déclaré, selon un communiqué de son bureau. Le Premier ministre a présenté l’agence comme un rempart essentiel à la protection de l’État et à la défense de l’unité nationale.

Ali al-Zaidi a également salué les sacrifices consentis par les agents du renseignement au cours des dernières années et promis de leur apporter les moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. Il a notamment plaidé pour la modernisation des capacités de l’institution, le renforcement de ses compétences et l’adoption des méthodes scientifiques et technologiques les plus récentes.

Le chef du gouvernement a, en outre, appelé à intensifier les efforts destinés à protéger le territoire irakien et à préserver sa sécurité et sa stabilité, dans une région confrontée à des crises et à des conflits susceptibles d’accentuer les menaces pesant sur le pays.

Cette prise de fonctions intervient dans le prolongement du décret publié lundi par Ali al-Zaidi, qui a mis fin aux fonctions de Hamid Rashid Faleh al-Shatri, nommé à la tête du Service national de renseignement en décembre 2024, sous le gouvernement de Mohammed Chia al-Soudani.

Les autorités n’ont fourni aucune explication détaillée sur cette révocation ni précisé si elle répondait à une réorganisation plus large de l’appareil sécuritaire irakien.

En prenant directement la tête du renseignement national, Ali al-Zaidi place cette institution stratégique sous son autorité personnelle, en sa qualité de Premier ministre et de commandant en chef des forces armées. Si le gouvernement présente cette décision comme un moyen de consolider la souveraineté et de renforcer l’efficacité des services de sécurité, ses implications institutionnelles et politiques restent à préciser.

Le Premier ministre a, en tout cas, fixé une ligne directrice : empêcher que le renseignement irakien ne devienne l’instrument d’intérêts partisans ou confessionnels, dans un pays où la préservation de l’autorité de l’État demeure un enjeu central.

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