Pétrole : les risques d’une nouvelle guerre contre l’Iran maintiennent les prix élevés, quatre pétroliers signalés en feu à Ormuz
Vendredi 30 octobre, les marchés pétroliers ont été de nouveau secoués par les tensions militaires au Moyen-Orient. L’annonce par l’Iran de quatre pétroliers qui auraient pris feu après avoir heurté des mines dans le détroit d’Ormuz, conjuguée aux craintes d’une reprise des frappes américaines contre Téhéran, a ravivé les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial. Le Brent a dépassé les 116 dollars le baril, tandis que les opérateurs redoutent une nouvelle escalade susceptible de prolonger les perturbations du commerce énergétique.
Sur les marchés, les inquiétudes se sont immédiatement traduites par une remontée des cours. Le Brent pour livraison en décembre a franchi les 116 dollars le baril, tandis que l’échéance de janvier évoluait autour de 112 dollars. Sur l’ensemble du mois d’octobre, la référence mondiale du brut a progressé de 12 %, atteignant son niveau le plus élevé depuis six mois.
Selon les forces armées iraniennes, quatre pétroliers auraient été touchés par des mines alors qu’ils tentaient de traverser le détroit par des itinéraires que Téhéran considère comme non autorisés. Les Gardiens de la révolution ont d’abord annoncé que trois navires avaient explosé avant de prendre feu au sud du passage maritime. L’armée iranienne a ensuite signalé qu’un quatrième pétrolier avait été touché. Ces déclarations n’ont toutefois pas été confirmées de manière indépendante et les circonstances exactes des incidents restent à établir.
De son côté, l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO a fait état de deux attaques distinctes contre des navires. Dans le premier cas, un petit bateau aurait fixé deux engins explosifs sur la coque d’un pétrolier, à proximité des côtes omanaises. Les détonations ont provoqué un incendie dans la salle des machines, depuis maîtrisé. L’équipage est sain et sauf. Un deuxième tanker a été touché par un projectile d’origine inconnue, sans faire de blessés.
Ces incidents illustrent la précarité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitait, avant le déclenchement de la guerre à la fin février, près d’un cinquième des hydrocarbures mondiaux. Téhéran revendique le contrôle de cette voie stratégique et menace les navires empruntant des itinéraires sans son autorisation, tandis que Washington maintient un blocus des ports iraniens et affirme avoir contribué au déminage des principales routes maritimes.
Cette confrontation autour du contrôle du passage entretient une incertitude permanente pour les armateurs et les négociants. La multiplication des incidents fait craindre un ralentissement supplémentaire du trafic, une hausse des coûts d’assurance et de nouvelles perturbations des exportations pétrolières du Golfe.
À cette insécurité maritime s’ajoute la perspective d’une reprise des frappes américaines contre l’Iran. Selon le Wall Street Journal, un haut responsable militaire a présenté jeudi à Donald Trump plusieurs options concernant de nouvelles opérations contre Téhéran. Le président américain a lui-même évoqué à plusieurs reprises la possibilité de nouvelles frappes à l’issue des élections de mi-mandat prévues la semaine prochaine.
Sur le front diplomatique, les perspectives de désescalade restent incertaines. Téhéran a confirmé avoir reçu une lettre du vice-président américain J.D. Vance, présentée comme une tentative de relancer les négociations. Mais le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réaffirmé la fermeté de la position iranienne.
Entre la menace d’une reprise des hostilités, les risques d’attaques contre les navires et les incertitudes entourant la sécurité du détroit d’Ormuz, les marchés continuent d’intégrer une forte prime de risque géopolitique. Dans un contexte de stocks limités et de tensions sur les produits raffinés, une nouvelle escalade pourrait maintenir durablement les prix du pétrole à des niveaux élevés et accentuer les pressions sur l’économie mondiale.
