Équipe nationale : Belghali blessé, Hemdani face à un casse-tête tactique
La blessure de Rafik Belghali risque de placer Brahim Hemdani devant une difficulté qu’il ne pourra plus contourner. Alors que la gravité de la blessure du latéral droit du Torino n’est pas encore connue et que son éventuelle indisponibilité reste à confirmer, cet incident remet brutalement en évidence une faiblesse déjà apparue lors du précédent rassemblement : l’absence d’une véritable solution de rechange sur le flanc droit. Une lacune qui menace directement l’équilibre des Verts et qui pourrait obliger le sélectionneur à revoir une organisation dont les limites commencent à devenir préoccupantes.
Lors du dernier stage, l’absence d’un spécialiste confirmé du poste avait déjà exposé les insuffisances de l’effectif. Le déséquilibre entre les deux couloirs s’était fait particulièrement sentir, avec un côté gauche davantage sollicité dans l’animation offensive. Jaouen Hadjam, dont les qualités de projection sont indéniables, avait ainsi évolué dans un registre très offensif, parfois au détriment des exigences défensives. Cette configuration avait donné le sentiment que la recherche de percussion prenait le pas sur la nécessité de préserver une certaine solidité collective. Or, dans une sélection appelée à affronter des adversaires de plus en plus exigeants, un couloir dégarni peut rapidement devenir une invitation pour l’adversaire.
Brahim Hemdani avait pourtant tenté de maintenir sa structure habituelle en multipliant les profils pour occuper le côté droit. L’option Sohaib Naïr, utilisé dans un registre particulièrement offensif, n’avait cependant pas apporté les garanties attendues. L’expérience a surtout révélé les limites d’une méthode qui consiste à imposer un même dispositif à des joueurs dont les caractéristiques, les automatismes et les habitudes sont pourtant différents. Une organisation ne devient pas cohérente simplement parce que les joueurs changent de position pour tenter de la faire fonctionner.
Le problème dépasse désormais la seule absence éventuelle de Belghali. Il renvoie directement aux choix du sélectionneur, à sa capacité d’adaptation et surtout à l’absence apparente d’un véritable plan de secours. Hemdani ne peut indéfiniment déplacer les difficultés d’un poste à l’autre, reconduire les mêmes principes malgré les signaux d’alerte et espérer que les circonstances finissent par lui donner raison. À force de s’accrocher à une seule lecture du jeu, il risque de transformer une difficulté ponctuelle en faiblesse structurelle.
Les prochaines échéances doivent justement servir à identifier les alternatives, tester d’autres configurations et corriger les déséquilibres avant que l’urgence ne dicte les choix. Car le plus inquiétant serait de retrouver les mêmes improvisations au moment où les enjeux ne laisseront plus aucune marge d’erreur. Une sélection qui attend d’être privée de ses titulaires pour découvrir les limites de son banc ne prépare pas l’avenir : elle organise déjà ses propres difficultés. Et les Verts n’ont certainement pas besoin d’une nouvelle désillusion pour mesurer le prix de cette impréparation.
