Hausse modeste pour le Brent et le WTI en ouverture de 2026

Hausse modeste pour le Brent et le WTI en ouverture de 2026

Les prix du pétrole ont entamé l’année sur une note légèrement haussière, après une année 2025 marquée par une forte correction. Sur les marchés internationaux, le baril de Brent de la mer du Nord a progressé de 27 cents, soit une hausse de 0,46 %, pour s’établir à 61,12 dollars. De son côté, le pétrole brut américain West Texas Intermediate (WTI) a gagné 28 cents, ou 0,49 %, atteignant 57,70 dollars le baril.

Ce frémissement des cours intervient dans un contexte géopolitique toujours sous tension. Ces derniers mois, l’Ukraine a multiplié les attaques par drones contre des installations énergétiques russes, dans le but de priver Moscou de ressources financières essentielles à la poursuite de sa campagne militaire. Ces actions rappellent la vulnérabilité des infrastructures énergétiques en temps de guerre et contribuent, à court terme, à soutenir les prix.

Dans le même temps, les États-Unis ont renforcé leur pression sur le Venezuela. Washington a annoncé de nouvelles sanctions visant quatre entreprises et leurs pétroliers associés opérant dans le secteur pétrolier vénézuélien, réduisant davantage les exportations de Caracas. Cette décision s’inscrit dans une stratégie assumée de contrainte économique à l’encontre du régime de Nicolas Maduro, ajoutant un facteur d’incertitude supplémentaire sur l’offre mondiale.

Pourtant, ces éléments géopolitiques n’ont pas suffi à enrayer la tendance lourde observée en 2025. Sur l’ensemble de l’année, les prix du Brent et du WTI ont chuté d’environ 20 %, enregistrant leur plus forte baisse annuelle depuis 2020. Les craintes de surproduction, l’augmentation rapide de l’offre hors OPEP+ et les incertitudes liées aux politiques commerciales ont largement éclipsé les tensions géopolitiques. Le Brent enregistre ainsi une troisième année consécutive de recul, une série baissière inédite.

Cette configuration place l’OPEP+ face à un dilemme stratégique majeur. Le cartel et ses alliés, qui tiendront un sommet virtuel le 4 janvier, doivent arbitrer entre la nécessité de soutenir les prix et le risque de perdre des parts de marché face à des producteurs non membres, au premier rang desquels figurent les États-Unis. L’Agence américaine d’information sur l’énergie a d’ailleurs annoncé que la production américaine avait atteint un niveau record de 13,87 millions de barils par jour en octobre, accentuant la pression sur l’équilibre du marché.

Dans ce cadre, l’Algérie, membre influent mais prudent de l’OPEP+, adopte une posture de défense des prix plutôt que de volumes. Pour Alger, un baril durablement inférieur à 65 dollars complique l’équation budgétaire, fragilise les recettes d’exportation et limite les marges de manœuvre financières de l’État. Le pays plaide traditionnellement pour une discipline stricte au sein de l’OPEP+ et un respect rigoureux des quotas, afin d’éviter un effondrement des cours comparable à celui observé lors des précédents chocs pétroliers.

La volatilité actuelle des prix illustre ainsi un affrontement entre des risques géopolitiques immédiats et une réalité structurelle marquée par une offre excédentaire. Dans ce contexte, les analystes estiment que le prix du pétrole américain pourrait évoluer dans une fourchette comprise entre 55 et 65 dollars le baril au cours du premier trimestre de l’année prochaine. Une zone de prix qui, si elle se confirmait, renforcerait la pression sur les finances publiques de plusieurs pays producteurs, dont l’Algérie, et testerait une nouvelle fois la cohésion et la crédibilité de l’OPEP+ en tant que régulateur du marché mondial.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *