Aoun rassure, mais le Liban reste sous la menace : une illusion de sécurité en fin d’année

Aoun rassure, mais le Liban reste sous la menace : une illusion de sécurité en fin d’année

Le président libanais Joseph Aoun a livré mercredi son traditionnel message de fin d’année, tentant de calmer une population pourtant tétanisée par les menaces régionales. Selon lui, « l’atmosphère générale reste positive et le risque de guerre s’estompe ». Une affirmation qui sonne comme un vœu pieux face à la réalité sur le terrain.

Car pendant que le président rassure, l’armée israélienne ne fait pas de cadeau : en 2025, elle affirme avoir ciblé 380 agents armés et 950 sites militaires au Liban, allant de dépôts d’armes à des sites de lancement de missiles. Le Hezbollah, lui, poursuit ses activités armées au nord du Litani, tandis que le Hamas refuse toujours de remettre ses armes.

Malgré ce climat de tension, Aoun insiste sur le « travail avec divers pays amis et frères pour neutraliser complètement la menace de guerre ». Mais derrière ce langage diplomatique, la question demeure : comment parler de « neutralisation » quand la frontière sud reste un foyer permanent de frappes et de contre-frappes ?

Le président salue également le travail des forces de sécurité et la rapidité dans la résolution des crimes, citant la visite du pape Léon XIV comme preuve de progrès. Une tentative de mettre en avant un Liban sûr, alors que le pays fait face à la pression d’un immense afflux de réfugiés syriens et palestiniens et à une instabilité économique persistante.

Sur le plan diplomatique, l’Égypte, sous l’impulsion d’Abdel Fattah El-Sisi, multiplie les contacts pour réduire les tensions. Mais ces efforts semblent dérisoires face aux raids israéliens quotidiens et aux violations du cessez-le-feu par le Hezbollah, estimées à près de 1 920 en 2025. La FINUL, de son côté, promet de « renforcer la stabilité acquise », sans pour autant masquer les limites de son influence dans un contexte de guerre larvée.

Le gouvernement libanais poursuit sa politique de contrôle des armes, notamment via la remise d’armes palestiniennes à l’armée, mais le Hamas et le Hezbollah continuent de conserver leur arsenal. Ces gestes de coopération apparaissent alors plus symboliques que réellement décisifs.

Enfin, à l’intérieur même du Liban, les mesures de sécurité pour le Nouvel An—suspension des permis de port d’armes, campagnes contre les tirs de célébration—témoignent d’une société sous pression, où la peur guide désormais le quotidien des citoyens. Dans la banlieue sud de Beyrouth, des habitants ont signé des engagements pour éviter les tirs festifs, un symbole fort : la population se mobilise davantage pour sa survie que pour son avenir.

le discours d’Aoun tente de projeter une illusion de sérénité. Mais derrière les paroles rassurantes se cachent des réalités persistantes : menaces israéliennes, armement incontrôlé des milices, tensions régionales et fragilité intérieure. Le Liban ne semble pas s’approcher d’une véritable « estompe du risque de guerre » ; il se contente de masquer la tempête qui gronde depuis ses frontières

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