Tensions explosives entre les États-Unis et l’Iran : Trump menace d’intervenir militairement face aux manifestations massives
Le 2 janvier 2026, les relations entre les États-Unis et l’Iran ont atteint un nouveau point de crispation avec des échanges de menaces directes entre le président américain Donald Trump et plusieurs hauts responsables iraniens. Au cœur de cette escalade : des manifestations d’ampleur en Iran, les plus importantes depuis celles de 2022 déclenchées par la mort de Mahsa Amini, et qui mêlent désormais griefs économiques profonds et contestation politique ouverte contre la théocratie au pouvoir.
Tout a commencé par un post sur Truth Social de Donald Trump, publié dans la nuit du 1er au 2 janvier : « Si l’Iran tire et tue violemment des manifestants pacifiques, comme c’est leur habitude, les États-Unis d’Amérique viendront à leur secours. Nous sommes prêts à intervenir, locked and loaded prêts à tirer». Trump n’a pas précisé la nature d’une éventuelle intervention, mais ses mots marquent un soutien explicite et direct aux protestataires, une posture rare pour un président américain, contrastant avec la prudence d’Obama lors du Mouvement vert en 2009.
Ces manifestations, entrées dans leur sixième ou septième jour selon les sources, ont éclaté fin décembre 2025, initialement portées par des grèves de commerçants au Grand Bazar de Téhéran. Le déclencheur immédiat : l’effondrement historique du rial iranien, qui a atteint un cours record de près de 1,4 à 1,45 million de rials pour un dollar, entraînant une inflation galopante (autour de 42-50 % en décembre 2025) et une explosion des prix des biens essentiels. Les Iraniens, déjà épuisés par des années de sanctions internationales, ont vu leur pouvoir d’achat s’évaporer, poussant merchants, étudiants et citoyens ordinaires dans la rue.
Rapidement, les slogans purement économiques (« À bas l’inflation ! ») ont cédé la place à des cris antigouvernementaux : « Mort au dictateur ! », « Les mollahs doivent partir ! » ou encore des appels à la liberté. Les protestations se sont étendues à de nombreuses provinces, touchant des villes comme Ispahan, Zahedan, Lordegan, Azna, Kuhdasht ou encore Qom, le cœur religieux du régime. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des affrontements violents : forces de sécurité utilisant gaz lacrymogènes, manifestants incendiant des bâtiments publics ou chassant les policiers lors d’enterrements.
Le bilan humain est lourd, au moins sept morts confirmés dans des clashes, selon des médias semi-officiels iraniens comme Fars News et des groupes de droits humains. Des arrestations massives ont eu lieu, et des accusations de « sabotage » ou de fabrication d’armes artisanales visent certains protestataires.
La réaction iranienne à la déclaration de Trump a été immédiate et virulente :
Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et ancien président du Parlement, a accusé sur X les États-Unis et Israël d’« attiser » les troubles (sans preuves fournies, une accusation récurrente du régime). Il a averti : « Trump doit savoir que l’intervention américaine dans cette affaire intérieure causera le chaos dans toute la région et détruira les intérêts américains. Les Américains doivent veiller sur leurs soldats. »
Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême Ali Khamenei, a promis que « toute main interventionniste approchant la sécurité de l’Iran sera coupée », ajoutant une pique ironique : « Le peuple iranien sait ce que signifie être ‘sauvé’ par les Américains : de l’Irak à l’Afghanistan en passant par Gaza. »
Mohammad Bagher Qalibaf, président du Parlement et figure dure du régime, a été le plus direct : il a qualifié toutes les bases et forces américaines dans la région de « cibles légitimes » en cas d’action US.
Ces menaces font écho au contexte tendu postérieur à la guerre éclair de juin 2025 : une confrontation de 12 jours entre Israël et l’Iran, marquée par des frappes israéliennes massives, suivies de bombardements américains sur trois sites nucléaires iraniens (Fordo, Natanz, Isfahan) dans l’opération « Midnight Hammer ». L’Iran avait riposté en attaquant la base américaine d’Al Udeid au Qatar. Bien que les frappes US n’aient retardé le programme nucléaire iranien que de quelques mois selon des évaluations intelligence, Téhéran a depuis signalé cesser l’enrichissement d’uranium pour ouvrir la porte à des négociations – des pourparlers qui n’ont pas abouti.
Du côté américain, aucun changement majeur dans le déploiement militaire au Moyen-Orient n’a été rapporté suite au post de Trump. Des analystes, comme ceux de l’International Crisis Group, soulignent le risque : un soutien trop visible de Washington pourrait être exploité par le régime pour justifier une répression accrue, tout en décourageant ou encourageant les manifestants selon l’évolution.
Le président réformateur iranien Masoud Pezeshkian tente une approche plus conciliante, reconnaissant les « demandes légitimes » des protestataires et appelant au dialogue, tout en admettant son impuissance face à la crise monétaire. Mais le pouvoir réel reste entre les mains des Gardiens de la révolution et du guide suprême Khamenei.
Ces événements secouent un régime qui, après la guerre de juin, affirmait un soutien populaire massif. Aujourd’hui, les rues iraniennes racontent une autre histoire : une colère profonde, économique à l’origine, mais potentiellement explosive sur le plan politique. L’ombre d’une intervention extérieure plane, risquant d’embraser davantage la région déjà instable.
