Tensions diplomatiques : Washington sanctionne des responsables chiliens… Pékin en toile de fond
Le climat politique s’est brusquement tendu entre les États-Unis et le Chili à la veille d’une transition présidentielle majeure à Santiago. Vendredi 21 février 2026, Washington a annoncé l’imposition de restrictions de visa visant trois hauts responsables du gouvernement sortant, accusés de « mettre en danger les infrastructures de communication critiques » et de « saper la sécurité régionale dans l’hémisphère ».
Dans un communiqué officiel, le secrétaire d’État Marco Rubio a dénoncé des initiatives prises en fin de mandat par l’administration du président Gabriel Boric, estimant qu’elles compromettaient la stabilité régionale. Sans dévoiler l’identité des personnes visées, Washington laisse entendre que certaines décisions récentes liées aux infrastructures numériques pourraient présenter des risques stratégiques à l’échelle continentale.
Au centre de cette crispation diplomatique figure un projet technologique sensible, l’installation d’un câble sous-marin à fibre optique reliant les côtes chiliennes à Hong Kong. Baptisé « Chile-China Express », ce projet serait soutenu par des entreprises chinoises, dont China Mobile.
Selon les autorités chiliennes, ce dispositif n’en est encore qu’à un stade préliminaire d’évaluation. Toutefois, du point de vue américain, une telle infrastructure pourrait ouvrir la voie à des vulnérabilités en matière de cybersécurité et de surveillance des flux de données dans la région.
Le ministre chilien des Affaires étrangères, Alberto Van Klaveren, a confirmé que les préoccupations de Washington avaient été évoquées lors d’un échange avec l’ambassadeur américain à Santiago, insistant sur le fait que le Chili n’avait engagé aucune démarche susceptible de compromettre la sécurité régionale.
Réagissant vivement, le président Gabriel Boric a qualifié les sanctions américaines de mesures « arbitraires, unilatérales et injustifiées », affirmant que son pays « n’accepte pas que quiconque lui dicte sa conduite en dehors du cadre légal ». Il a rappelé l’attachement du Chili au respect du droit international et à sa souveraineté décisionnelle.
Dans une déclaration vidéo, le ministre des Transports et des Communications, Juan Carlos Muñoz, a confirmé être l’un des responsables visés par ces restrictions, exprimant son regret face à une décision dont le gouvernement chilien affirme ne pas avoir été officiellement notifié.
Cette annonce intervient à quelques semaines de l’investiture du président élu José Antonio Kast, prévue le 11 mars prochain. Connu pour ses positions conservatrices, Kast a été salué par Washington, qui a exprimé sa volonté de collaborer étroitement avec la future administration sur les priorités communes en matière de sécurité.
Dans un contexte régional marqué par une rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine pour l’influence technologique et stratégique, cet épisode illustre les nouvelles lignes de fracture géopolitiques qui traversent l’Amérique latine — désormais au cœur des enjeux liés aux infrastructures numériques mondiales.
