Trump annonce le retrait de la Garde nationale de Chicago, Los Angeles et Portland après des revers judiciaires

Trump annonce le retrait de la Garde nationale de Chicago, Los Angeles et Portland après des revers judiciaires

Le président américain Donald Trump a annoncé, le 31 décembre 2025, le retrait des troupes de la Garde nationale déployées à Chicago (Illinois), Los Angeles (Californie) et Portland (Oregon), marquant un recul significatif pour son administration. Ces déploiements, ordonnés depuis l’été 2025 pour lutter contre la criminalité et soutenir les opérations fédérales d’immigration, notamment les raids de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), se heurtent désormais à des limites judiciaires importantes.

Sur son réseau social Truth Social, Trump a affirmé : « Nous retirons la Garde nationale de Chicago, Los Angeles et Portland, malgré le fait que la criminalité a été grandement réduite grâce à la présence de ces grands Patriotes dans ces villes, et uniquement grâce à cela. […] Portland, Los Angeles et Chicago auraient disparu sans l’intervention du gouvernement fédéral. Nous reviendrons, peut-être sous une forme beaucoup plus différente et plus forte, quand la criminalité recommencera à exploser – ce n’est qu’une question de temps ! » Par cette déclaration, il attribue aux troupes une baisse notable de la criminalité tout en laissant entendre que ce retrait pourrait n’être que temporaire et accompagné d’un retour potentiellement plus musclé.

Ces déploiements, initiés dès juin 2025 à Los Angeles à la suite de manifestations contre les raids immigratoires, ont ensuite été étendus à Chicago et Portland, ciblant majoritairement des villes dirigées par des démocrates. L’objectif affiché était de protéger les biens fédéraux, d’assister les forces de l’ordre locales et de combattre la criminalité violente. Toutefois, la présence des troupes sur le terrain a été limitée par de nombreux blocages judiciaires. Les critiques, principalement venues des démocrates, ont dénoncé une militarisation excessive du maintien de l’ordre intérieur, susceptible de violer la loi Posse Comitatus Act de 1878, qui interdit l’usage des forces armées fédérales pour des missions de police domestique sauf circonstances exceptionnelles. Gouverneurs et maires locaux ont accusé l’administration Trump d’outrepasser ses pouvoirs et d’instrumentaliser l’armée à des fins politiques.

La décision de retrait survient après plusieurs revers en justice : le 23 décembre 2025, la Cour suprême des États-Unis a rejeté, par une décision non signée (avec dissidences des juges Alito, Thomas et Gorsuch), la demande de l’administration visant à déployer la Garde nationale à Chicago, confirmant ainsi le blocage initié par un juge fédéral, qui soulignait que le gouvernement n’avait pas démontré une autorité suffisante pour un tel déploiement. À Los Angeles et Portland, des juges fédéraux avaient déjà limité ou bloqué les opérations, et le 31 décembre, une cour d’appel fédérale (Ninth Circuit) a ordonné la restitution du contrôle de la Garde nationale californienne au gouverneur démocrate Gavin Newsom, obligeant l’administration à abandonner son appel. À la date de l’annonce, il ne restait qu’environ 300 gardes sous contrôle fédéral à Los Angeles et Chicago, et 200 à Portland, cantonnés à la protection de bâtiments fédéraux.

Les autorités locales ont salué cette annonce comme une victoire pour l’État de droit. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a déclaré : « Je suis heureux que le président Trump ait enfin reconnu sa défaite : nous avons toujours soutenu que la fédéralisation de la Garde nationale de Californie était illégale », et a ordonné le retour rapide des soldats auprès de leurs familles. Le gouverneur de l’Illinois, J.B. Pritzker, a qualifié la décision de « grande victoire pour la démocratie américaine », tandis que des maires comme Brandon Johnson à Chicago ont souligné que la ville avait enregistré en 2025 le plus bas niveau de crimes violents depuis plus d’une décennie (-21,3 % par rapport à 2024), contredisant ainsi les assertions de chaos généralisé formulées par Trump. Le procureur général de Californie, Rob Bonta, a pour sa part dénoncé l’« instrumentalisation politique » des troupes, rappelant les principes fondateurs qui séparent les sphères militaire et civile.

Ce retrait constitue un coup d’arrêt temporaire à la stratégie fédérale « loi et ordre » de Trump dans les villes démocrates. Néanmoins, le président laisse la porte ouverte à de futures interventions, éventuellement par le biais de troupes régulières ou d’autres mécanismes visant à contourner les restrictions imposées à la Garde nationale. Ce dossier met en lumière les tensions persistantes entre l’exécutif fédéral et les États démocrates au début du second mandat de Trump, tout en renforçant le rôle des tribunaux comme rempart contre ce que ses opposants considèrent comme des atteintes autoritaires aux pouvoirs présidentiels. En 2026, ces enjeux pourraient de nouveau surgir, notamment à l’approche des élections de mi-mandat, qui constitueront un test majeur pour la popularité de l’administration.

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