« 40 ans de pouvoir et ça continue» : Museveni, éternel président malgré la contestation
Sans surprise, Yoweri Museveni, ex-guérillero âgé de 81 ans et au pouvoir depuis 1986, a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 15 janvier 2026. Samedi 17 janvier, la Commission électorale ougandaise, dirigée par Simon Mugenyi Byabakama, a annoncé les résultats finaux : Museveni obtient 71,65 % des voix, tandis que son principal opposant, le chanteur et homme politique Bobi Wine (Robert Kyagulanyi), se contente de 24,72 %.
Assuré de sa réélection bien avant le scrutin, le chef de l’État remporte ainsi un septième mandat consécutif, prolongeant près de quarante années de règne. Ce maintien au pouvoir repose sur un contrôle quasi total des institutions électorales et sécuritaires, consolidé par deux modifications constitutionnelles majeures : la suppression des limites d’âge et de mandats présidentiels. Sur le continent, seuls Paul Biya au Cameroun et Teodoro Obiang Nguema en Guinée équatoriale dépassent cette longévité.
Le scrutin s’est déroulé dans un climat tendu et répressif. L’ONU a dénoncé une campagne marquée par intimidation généralisée et arrestations d’opposants, tandis que l’accès à Internet a été coupé pendant plusieurs jours pour « prévenir la désinformation », limitant la transparence et la diffusion d’informations indépendantes.
Bobi Wine, figure populaire auprès de la jeunesse – représentant plus de 75 % de la population – a contesté les résultats, dénonçant un « vol massif des voix » et des bourrages d’urnes. Les manifestations post-électorales ont été sévèrement réprimées, faisant au moins sept morts, et Bobi Wine a été placé sous assignation à résidence dès le 16 janvier.
Cette réélection illustre un schéma récurrent en Afrique : des dirigeants historiques qui prolongent leur règne grâce au contrôle des institutions et à la marginalisation de l’opposition. Malgré un désir de renouvellement générationnel, Museveni reste l’éternel président, au-dessus de la contestation, au détriment de la légitimité démocratique et de la participation citoyenne.
Au final, ce septième mandat soulève une question cruciale : jusqu’où certains leaders historiques pourront-ils prolonger leur pouvoir face aux aspirations de leurs populations ? L’Ouganda continue de regarder vers l’avenir, mais pour la majorité de ses jeunes, ce futur est encore dicté par le passé.
