Accident sanglant à Grozny : le fils du président tchétchène Adam Kadyrov entre la vie et la mort, évacué en urgence vers Moscou
Un lourd climat de tension et de silence règne en Tchétchénie après un grave accident de la route survenu à Grozny, impliquant Adam Kadyrov, 18 ans, fils du président tchétchène Ramzan Kadyrov. Selon plusieurs sources indépendantes et médias d’opposition russes, le jeune homme se trouverait dans un état critique, après un carambolage violent qui aurait fait au moins un mort et plusieurs blessés graves.
D’après des informations relayées par Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), Kavkaz.Realii, Meduza, Novaya Gazeta Europe et le canal Telegram NIYSO, le convoi dans lequel se trouvait Adam Kadyrov roulait à très grande vitesse dans les rues de la capitale tchétchène. Le véhicule de tête, qu’il aurait conduit lui-même, aurait perdu le contrôle après avoir percuté un obstacle ou une barrière de sécurité, possiblement après le non-respect d’un feu de signalisation. Le choc aurait déclenché une collision en chaîne impliquant plusieurs voitures.
Le bilan humain serait particulièrement lourd. Un automobiliste n’ayant aucun lien avec le convoi aurait perdu la vie sur le coup, tandis que plusieurs autres personnes auraient été grièvement blessées, certaines dans un état jugé critique. Comme dans de nombreuses affaires sensibles en Tchétchénie, aucune communication officielle n’a été faite sur les victimes ni sur d’éventuelles poursuites judiciaires.
Dans les minutes qui ont suivi l’accident, les autorités auraient procédé à un bouclage total des accès menant à l’hôpital républicain de Grozny. Des témoins font état d’un établissement placé sous contrôle sécuritaire renforcé, avec filtrage strict des entrées et sorties. Adam Kadyrov aurait été admis inconscient, en réanimation, souffrant de blessures internes graves.
Face à la gravité de son état, une décision rapide aurait été prise : le transférer vers Moscou. Dans la nuit du 16 au 17 janvier 2026, il aurait été évacué à bord d’un avion médicalisé du ministère russe des Situations d’urgence, un appareil spécialement équipé pour les cas extrêmes. L’avion aurait atterri à l’aéroport de Vnukovo, avant son transfert immédiat vers l’hôpital Botkin, où il aurait subi une intervention chirurgicale d’urgence.
Selon des informations non confirmées, le fils du dirigeant tchétchène souffrirait notamment d’une rate rompue, de fractures multiples et de lésions internes sévères. Des rumeurs persistantes ont évoqué un coma, avant que certaines sources n’indiquent qu’il aurait repris connaissance, sans que son pronostic vital soit totalement écarté.
Fait révélateur du climat politique local, aucune autorité tchétchène ou russe n’a confirmé publiquement l’accident. À l’inverse, le canal Telegram de Ramzan Kadyrov a diffusé une vidéo montrant son fils recevant une médaille pour des « mérites sécuritaires », présentée comme récente. Toutefois, plusieurs observateurs ont relevé que les métadonnées de la vidéo seraient antérieures à l’accident, laissant planer le soupçon d’une mise en scène destinée à étouffer les rumeurs.
Des proches du clan Kadyrov ont également publié des messages ambigus. Le combattant de MMA Khamzat Chimaev a partagé une photo en noir et blanc accompagnée d’un message religieux, sans jamais mentionner explicitement l’accident, alimentant davantage les spéculations.
Au-delà du fait divers, cet événement prend une dimension politique majeure. Adam Kadyrov, malgré son jeune âge, occupe déjà des postes stratégiques au sein de l’appareil sécuritaire tchétchène et est souvent présenté comme un héritier potentiel du pouvoir. L’accident intervient dans un contexte de rumeurs persistantes sur la santé fragile de Ramzan Kadyrov, régulièrement hospitalisé ces dernières années.
Le black-out médiatique imposé aux grands médias russes, l’absence d’enquête visible et les précédents accidents impliquant des proches du pouvoir, rapidement enterrés, renforcent les soupçons d’impunité systémique.
À ce stade, l’opacité demeure totale. L’état exact d’Adam Kadyrov, les responsabilités dans l’accident et le sort des victimes civiles restent inconnus. En Tchétchénie, plus que jamais, le silence est une arme politique, et cet accident sanglant pourrait bien révéler les failles d’un pouvoir verrouillé, obsédé par le contrôle et la succession.
