Yémen : un haut commandant militaire échappe de justesse à un attentat à la voiture piégée à Aden
Un haut responsable militaire yéménite a échappé mercredi 21 janvier 2026 à une tentative d’assassinat par voiture piégée dans le nord de la ville d’Aden, capitale provisoire du pays. L’attaque, qui visait le général Hamdi Chokri, commandant de la 2ᵉ Brigade des “Géants”, a causé la mort de deux soldats et fait cinq blessés.
D’après des sources sécuritaires, l’engin explosif avait été dissimulé dans un véhicule stationné sur le bas-côté de la route dans la zone de Jaoula, au moment du passage du convoi du général. La déflagration a lourdement endommagé l’un des véhicules d’escorte, projetant des débris sur plusieurs dizaines de mètres.
Immédiatement après l’explosion, les forces de sécurité ont bouclé le périmètre et ouvert une enquête pour identifier les auteurs et les commanditaires de l’attaque. La zone a été placée sous haute surveillance, tandis que des équipes spécialisées ont procédé à des analyses balistiques et explosives.
Figure influente de l’appareil militaire yéménite, le général Hamdi Chokri joue un rôle central dans la restructuration des dispositifs sécuritaires à Aden, notamment dans la coordination entre forces régulières et unités locales. Sa survie constitue un enjeu stratégique majeur dans un contexte de fragmentation persistante du paysage sécuritaire.
Cette tentative d’assassinat survient dans un climat de fortes tensions politiques et militaires, alors que l’Arabie saoudite tente de relancer une dynamique de règlement politique. L’objectif affiché est la stabilisation du sud du pays, marqué ces derniers mois par les initiatives armées du Conseil de transition du Sud (STC), un mouvement séparatiste soutenu par les Émirats arabes unis, aujourd’hui officiellement dissous.
Les forces gouvernementales ont récemment repris le contrôle des gouvernorats d’Hadramout et d’Al-Mahra, ainsi que de la ville stratégique de Mukalla, et ont engagé un plan visant à confiner les armes à Aden, démanteler les camps des milices séparatistes et restaurer l’autorité de l’État.
Au nord, la situation reste tout aussi figée, les rebelles houthis, au pouvoir depuis 2014, contrôlent toujours l’essentiel du territoire. La guerre déclenchée en 2015 par une coalition menée par l’Arabie saoudite, avec le soutien initial des Émirats arabes unis, a provoqué l’une des pires crises humanitaires contemporaines, faisant des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés.
