Les prix mondiaux du pétrole chutent après les déclarations optimistes de Donald Trump sur la fin prochaine du conflit avec l’Iran
10 mars 2026 – Après une flambée historique, les cours du pétrole ont connu une chute brutale mardi matin, suivant les propos du président américain Donald Trump qui a laissé entendre que la guerre avec l’Iran toucherait bientôt à sa fin.
Lundi, les prix avaient atteint des sommets inégalés depuis 2022 en raison des craintes liées à la perturbation du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. Le baril de Brent avait brièvement frôlé les 120 dollars, porté par l’escalade du conflit au Moyen-Orient, les attaques sur des infrastructures pétrolières et le quasi-blocage du trafic maritime. Le WTI américain avait suivi la même trajectoire explosive.
Selon les données de clôture lundi (d’après CNBC et d’autres sources), le Brent s’était établi à 98,96 dollars le baril (+6,76 % sur la séance), et le WTI à 94,77 dollars. Mais la tendance s’est brutalement inversée dès mardi matin après les déclarations de Donald Trump.
Dans des interventions relayées par plusieurs médias (BBC, CNBC, Reuters), le président américain a affirmé que le conflit « allait se terminer bientôt », qu’il était « très en avance sur le calendrier » et « pratiquement terminé ». Il a également évoqué la levée prochaine de certaines sanctions sur le pétrole russe après un échange téléphonique avec Vladimir Poutine, ainsi que des mesures pour sécuriser les voies maritimes et contenir les prix.
Vers 10h05 GMT, le Brent pour livraison en mai perdait environ 7,5 % à 91,55 dollars le baril, tandis que le WTI cédait 7,45 % à 87,71 dollars. Les cours ont continué de baisser dans la matinée, s’approchant parfois des 88-90 dollars pour le Brent selon les plateformes en temps réel.
« Il est presque certain que Donald Trump est devenu nerveux face à la flambée des prix du pétrole et à la baisse des actions sur les marchés », analyse Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Malgré ce repli, les risques d’approvisionnement persistent : le détroit d’Ormuz reste vulnérable, plusieurs producteurs du Golfe (dont l’Arabie saoudite via Aramco) ont réduit leur production en raison des difficultés de navigation et du remplissage des stockages. L’OPEP+ et les pays du Golfe font face à des contraintes logistiques majeures.
Sur le plan international, la crise énergétique provoque des réactions en chaîne. Le G7 envisage de libérer des réserves stratégiques lors d’une réunion d’urgence des ministres de l’Énergie ce mardi 10 mars. Aux États-Unis, plusieurs options sont sur la table : restriction des exportations, intervention sur les marchés à terme, allégements fiscaux ou assouplissement des règles sur le transport maritime intérieur.
Ailleurs dans le monde, la flambée récente des prix a déjà eu des effets concrets. Au Pakistan, le Premier ministre Shahbaz Sharif a fermé les écoles pour deux semaines et encouragé le télétravail pour limiter la consommation de carburant. En Europe, Viktor Orban a plafonné les prix des carburants en Hongrie et appelé l’UE à suspendre les sanctions contre le secteur énergétique russe.
Si les propos de Trump ont apporté un soulagement temporaire aux marchés, les investisseurs restent prudents. Les fondamentaux – tensions géopolitiques persistantes et incertitude sur la durée réelle du conflit – pourraient maintenir une prime de risque élevée sur le brut dans les prochains jours.Les prix du pétrole restent donc très volatils, après avoir connu l’une des hausses les plus rapides de l’histoire récente.
