Baisse des prix du pétrole : le risque kazakh s’estompe, les stocks US et les tensions géopolitiques dominent reprennent la main
Les prix du pétrole ont terminé en repli mercredi 21 janvier 2026, malgré une tentative de rebond en fin de séance, les marchés estimant que le risque lié aux perturbations de production au Kazakhstan s’atténuait rapidement et que les facteurs baissiers structurels reprenaient le dessus.
Le WTI (contrat mars) a chuté jusqu’à 59,23–59,57 dollars en séance (-1,31 % à son plus bas), avant de réduire fortement ses pertes et de clôturer autour de 60,50–60,62 dollars.
Le Brent (contrat mars) a glissé jusqu’à 64,13 dollars en cours de journée, puis s’est légèrement redressé pour terminer autour de 65,24 dollars.
Les investisseurs ont jugé temporaire l’arrêt des champs géants de Tengiz et Korolev, qui représentent près de 890 000 barils par jour. Si l’opérateur Tengizchevroil (Chevron) a bien déclaré la force majeure sur les livraisons via le pipeline Caspian Pipeline Consortium (CPC), les sources industrielles tablaient sur une reprise progressive dans un délai de 7 à 10 jours, ce qui a fortement réduit la prime de risque sur l’offre.
Selon les données préliminaires de l’API et un sondage Reuters, les réserves de brut aux États-Unis auraient progressé de 1,7 à 3 millions de barils la semaine précédente, renforçant l’idée d’un marché déjà bien approvisionné.
Les tensions géopolitiques persistantes, alimentées par les nouvelles déclarations de Donald Trump sur le Groenland et ses menaces d’imposer des droits de douane compris entre 10 % et 25 % sur plusieurs pays européens, ont ravivé les craintes d’un ralentissement de la croissance mondiale et d’une escalade commerciale transatlantique.
Le sentiment d’une surabondance structurelle en 2026, conforté par les dernières prévisions de l’AIE et de l’EIA, a continué de peser sur les anticipations de prix à moyen terme. Comme l’a résumé l’analyste Tony Sycamore d’IG Markets, les interruptions à Tengiz et Korolev, dues à des problèmes de distribution électrique, sont considérées comme temporaires, tandis que les pressions géopolitiques et la hausse prévue des stocks US exercent un impact bien plus important et durable sur le marché.
En résumé : le marché a clairement tourné la page du choc kazakh, perçu comme limité et temporaire, pour se recentrer sur ses fondamentaux dominants : stocks américains en hausse, risques macroéconomiques et offre mondiale jugée abondante. Malgré un rebond technique en fin de séance, la tendance reste orientée à la prudence, avec des cours fragiles tant qu’aucun signal clair de resserrement durable de l’offre ne se matérialise.
