Les prix du pétrole chutent de plus de 5 dollars sur le marché mondial, l’Algérie voit ses recettes fondre

Les prix du pétrole chutent de plus de 5 dollars sur le marché mondial, l’Algérie voit ses recettes fondre

Les cours du pétrole ont enregistré ce lundi l’une des corrections les plus violentes depuis plusieurs mois sur les marchés internationaux. Le baril de Brent (référence mondiale) a perdu entre 4,80 et 5,40 dollars selon les moments de la séance, tandis que le WTI (brut américain) a chuté de plus de 5,50 dollars dans les échanges les plus tendus.

En milieu de séance), le Brent a touché un plus bas autour de 65,20 dollars avant de se stabiliser vers 65,70–66,10 dollars, soit une perte nette de 4,90 à 5,40 dollars par rapport aux niveaux récents (près de 70,80–71,20 dollars en fin de semaine dernière), équivalant à une baisse de 6,9 à 7,6 %. Le WTI, de son côté, a plongé vers 60,90 dollars avant de rebondir légèrement à 61,40–61,90 dollars, pour une perte de 5,20 à 5,60 dollars (–7,8 à –8,4 %).

Cette dégringolade s’explique principalement par les déclarations du président américain Donald Trump. Samedi soir et dimanche matin, il a affirmé que des « négociations sérieuses » étaient en cours avec l’Iran, soulignant : « Nous sommes en discussions très sérieuses avec l’Iran. Il y a une vraie volonté des deux côtés d’arriver à un accord. Ce serait bien mieux qu’une option militaire. » Ces propos ont été interprétés comme le signal le plus clair de désescalade depuis des semaines, faisant fondre la prime de risque géopolitique qui avait soutenu les prix ces derniers temps.

Du côté iranien, les signaux vont dans le même sens : le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a confirmé lundi matin qu’un « cadre de négociation avec les Américains devrait être finalisé dans les prochains jours ». Par ailleurs, l’absence d’exercices militaires prévus par les Gardiens de la révolution dans le détroit d’Ormuz a renforcé l’idée d’une décompression rapide.

D’autres facteurs ont accéléré la baisse : un dollar américain plus ferme (qui renchérit le baril pour les acheteurs hors États-Unis), des prises de bénéfices massives après le rallye de janvier, et la décision de l’OPEP+ de maintenir sa production stable en mars, sans nouveau soutien haussier.

En résumé, le facteur principal reste géopolitique (forte probabilité d’accord USA-Iran), amplifié par des éléments techniques et macroéconomiques. Les niveaux à surveiller dans les prochaines heures/jours sont une zone de support clé pour le Brent à 64,80–65,50 dollars (cassure possible vers 63 dollars) et une résistance à 67,80–68,50 dollars (retour au-dessus indiquerait un doute sur la solidité de la détente).

Pour l’Algérie, cette chute représente une mauvaise nouvelle. Le budget 2026 a été construit sur un prix de référence fiscal du baril à 60 dollars, avec des prévisions de marché autour de 64–70 dollars. Une baisse durable sous ce seuil (comme observé récemment sous 60 dollars dans d’autres épisodes) creuse le déficit budgétaire, réduit les recettes en devises de Sonatrach (principale source d’exportations), et accentue les tensions sur les réserves de change.. Une poursuite de cette tendance pourrait aggraver les équilibres macroéconomiques, limiter la marge de manœuvre budgétaire, dans un contexte où le déficit est déjà prévu élevé (autour de 12–13 % du PIB).

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *