Chanegriha reçoit le général italien Masiello : une nouvelle parade pour masquer l’isolement et la dépendance militaire du régime

Chanegriha reçoit le général italien Masiello : une nouvelle parade pour masquer l’isolement et la dépendance militaire du régime

Encore une mise en scène protocolaire au siège de l’état-major de l’ANP : le général Saïd Chanegriha, maître absolu des forces armées depuis qu’il a consolidé son emprise après le départ forcé de Gaïd Salah, a reçu hier le chef d’état-major de l’armée de terre italienne, Carmine Masiello. Officiellement, il s’agit de « renforcer la coopération bilatérale », de discuter « sécurité régionale » et « modernisation technique ». En réalité, c’est une énième opération de communication pour faire croire que le régime tient encore la barre dans un contexte de plus en plus précaire.

Les communiqués du MDN, repris mot pour mot par la presse aux ordres (APS, El Moudjahid, Radio Algérienne), multiplient les superlatifs : « accueil chaleureux », « volonté ferme de consolider les liens », « convergence stratégique en Méditerranée ». On y dépose une gerbe au Maqam Echahid, on s’échange des sourires crispés devant les caméras, et on parle de « partenariat fiable ». Mais derrière cette façade, plusieurs réalités dérangeantes émergent pour tout observateur lucide.

D’abord, cette visite intervient dans un timing suspect, juste après la venue du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez. Le régime multiplie les gestes envers Rome et Paris pour tenter de diversifier ses appuis, alors que les relations avec Moscou (principal fournisseur historique d’armes) se compliquent sous l’effet des sanctions internationales et de la guerre en Ukraine. L’Algérie, qui a dépensé des dizaines de milliards de dollars en armement russe ces dernières années, se retrouve aujourd’hui à quémander des partenariats secondaires avec l’Italie – un pays qui n’est pas connu pour être un géant de l’export militaire high-tech. Est-ce une vraie diversification stratégique, ou simplement une course désespérée pour combler les vides laissés par un allié principal en difficulté ?

Ensuite, la « sécurité régionale » évoquée est un euphémisme. Dans les faits, le régime de Chanegriha et Tebboune utilise ces coopérations pour justifier une militarisation accrue des frontières, la répression interne sous prétexte de « lutte antiterroriste », et une surveillance renforcée des populations. Pendant ce temps, les véritables menaces – corruption endémique au sein de l’armée, dilapidation des ressources pétro-gazières, chômage massif des jeunes, exode des cerveaux – restent intouchées. Au lieu de réformes démocratiques, on préfère parader avec des généraux étrangers pour projeter une image de force.

Les observateurs indépendants notent aussi que ces visites servent souvent de diversion : pendant que Chanegriha reçoit Masiello, les arrestations arbitraires se poursuivent, les voix dissidentes sont étouffées, et les promesses de « Hirak » (rappelons-le : liberté, démocratie, fin de la corruption) sont reléguées aux oubliettes. Rome, comme d’autres capitales européennes, ferme les yeux sur ces violations des droits humains en échange d’accords énergétiques (gaz algérien) et de coopération sur les migrations – un deal cynique où l’Algérie sert de « gendarme » pour l’Europe.

Enfin, cette « consolidation des liens » avec l’Italie masque une faiblesse croissante : l’ANP, sous Chanegriha, est de plus en plus isolée diplomatiquement et technologiquement. Les rumeurs persistantes dans les cercles militaires et parmi les exilés font état de tensions internes, de purges discrètes, et d’une armée qui sert avant tout les intérêts d’une caste dirigeante plutôt que ceux de la nation. La visite italienne n’est qu’un pansement sur une jambe de bois.

Le peuple algérien, qui paie le prix de cette politique militariste et autoritaire, mérite mieux que ces mises en scène protocolaires. Il mérite la vérité : un régime qui mise sur des parades militaires et des poignées de main étrangères pour survivre, plutôt que sur un véritable projet national inclusif et démocratique.

Liberté pour l’Algérie – Fin de la dictature des généraux !

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