Le Mexique plongé dans le chaos après la mort d’El Mencho, chef du puissant cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG)

Le Mexique plongé dans le chaos après la mort d’El Mencho, chef du puissant cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG)

Mexico, 24 février 2026 – Le Mexique fait face à l’une des plus graves vagues de violences depuis des années suite à l’élimination, dimanche 22 février, de Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », l’un des barons de la drogue les plus recherchés au monde et leader incontesté du Cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG).

L’opération militaire menée par l’armée mexicaine dans la petite ville de Tapalpa, dans l’État de Jalisco (à environ 130 km au sud de Guadalajara), a tourné au bain de sang. Soutenue par des renseignements américains (mais sans participation directe des forces US, comme l’a insisté la présidente Claudia Sheinbaum), l’intervention a permis de neutraliser El Mencho, blessé lors d’un échange de tirs avant de succomber pendant son transfert vers Mexico.

Âgé de 59 ans, ancien policier reconverti en narcotrafiquant, El Mencho dirigeait depuis plus de quinze ans le CJNG, organisation devenue l’une des plus violentes et lucratives du pays. Spécialisé dans le trafic massif de fentanyl, de méthamphétamines et de cocaïne vers les États-Unis, le cartel est connu pour sa brutalité extrême : décapitations publiques, attaques frontales contre les forces de l’ordre et utilisation massive d’armes lourdes.

La nouvelle de sa mort s’est propagée comme une traînée de poudre, déclenchant des représailles immédiates et coordonnées. Des membres présumés du CJNG ont lancé des « narcobloqueos » (barrages routiers avec véhicules incendiés), mis le feu à des stations-service, des banques, des commerces et des bus dans au moins 15 à 20 États, dont Jalisco (fief historique), Michoacán, Guanajuato, Puebla, Guerrero et Sinaloa.

Bilan provisoire lourd : selon le ministre de la Sécurité Omar García Harfuch, au moins 74 personnes ont perdu la vie dans les premières 48 heures, dont 25 membres de la Garde nationale, un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet. Des dizaines d’autres blessés sont à déplorer.

À Guadalajara, capitale de Jalisco et ville hôte de matchs de la Coupe du monde 2026 en juin prochain, les écoles ont été fermées lundi, les transports publics quasi à l’arrêt et les habitants appelés à rester confinés. À Puerto Vallarta, station balnéaire prisée, des panaches de fumée noire s’élevaient dans le ciel tandis que des touristes, stupéfaits, filmaient les incendies. Plusieurs compagnies aériennes (Air Canada, United, Aeroméxico) ont annulé des vols vers la région.

Face à la crise, le gouvernement a déployé 10 000 soldats supplémentaires à travers le pays, dont 2 000 rien qu’à Jalisco. La présidente Sheinbaum a tenu à rassurer la population lors de sa conférence de presse matinale du 23 février : « Le Mexique est calme. Nous nous sommes réveillés sans aucun barrage routier et toutes les activités ont repris. » Elle a souligné la coordination totale avec les États et insisté sur le fait que l’opération relevait exclusivement des forces mexicaines.
Pourtant, le calme apparent cache une incertitude profonde. Les experts s’accordent : la mort d’El Mencho crée un vide de pouvoir au sein du CJNG. Sans successeur clair et incontesté, des luttes internes pourraient éclater, tandis que des cartels rivaux (comme les factions du Sinaloa) pourraient tenter de profiter de la faiblesse momentanée. Historiquement, la « décapitation » des cartels (arrestation ou élimination de chefs comme El Chapo Guzmán ou El Mayo Zambada) n’a jamais mis fin au narcotrafic ; elle provoque souvent une recrudescence temporaire de la violence avant une reconfiguration.

Au lendemain de ces événements, Les routes se dégagent lentement, les écoles rouvrent timidement, mais la peur reste palpable. Comme l’a résumé un correspondant sur place : « Un calme étrange règne, mais tout le monde sait que le prochain chapitre pourrait être encore plus sanglant. »

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