Guerre dans l’Est de la RDC : Assassinat de Willy Ngoma, porte-parole militaire de l’AFC/M23, dans une frappe de drone
Mardi 24 février 2026 – Une frappe de drone attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au coûté la vie à Colonel Willy Ngoma, figure historique et porte-parole militaire du mouvement rebelle AFC/M23 (Alliance des Forces pour le Changement / Mouvement du 23 mars). L’attaque a eu lieu aux alentours de 3 heures du matin près de Rubaya, une localité minière stratégique du territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu.
Cette frappe, confirmée par des sources concordantes (responsables M23, diplomate régional, conseiller occidental auprès de Kinshasa, officiel de l’ONU local et groupes de droits humains), cible un convoi rebelle dans une zone que le M23 contrôle depuis plusieurs mois. Rubaya est un hub crucial pour l’extraction de coltan, représentant environ 15 % de la production mondiale – une manne financière vitale pour la rébellion.
La mort de Willy Ngoma survient quelques semaines après celle d’un autre cadre rebelle, Magloire Paluku, et s’inscrit dans une recrudescence des combats malgré les efforts de paix. Kinshasa accuse le M23 d’être soutenu par le Rwanda (allégation relayée par l’ONU et plusieurs pays occidentaux, démentie par Kigali). Le mouvement a multiplié les accusations contre les FARDC pour violations du cessez-le-feu, notamment après la signature d’accords économiques sur les minerais entre la RDC et les États-Unis à Washington. Bertrand Bisimwa, numéro deux de l’AFC/M23, a dénoncé sur X une « arrogance » de Kinshasa et des « actes d’assassinat » impunis.
Les FARDC, appuyées par les milices d’autodéfense Wazalendo, ont intensifié les offensives terrestres et aériennes ces derniers jours, malgré un cessez-le-feu verbalement proposé par l’Angola et des mécanismes de monitoring conjoints (médiés par le Qatar). Les combats persistent autour de Rubaya et d’autres zones, provoquant des déplacements massifs de populations civiles.
Sanctionné par Washington en 2023 pour son rôle présumé dans des violations graves des droits humains (meurtres, violences sexuelles), Willy Ngoma était une voix médiatique proéminente du M23, souvent sur le terrain ou dans des communications publiques. Sa disparition représente un coup symbolique important pour la rébellion, même si elle n’altère pas fondamentalement le rapport de forces sur le terrain.
La situation reste extrêmement volatile dans l’est de la RDC, où les affrontements continuent d’exacerber la crise humanitaire.
