Pétrole : Les prix repartent à la hausse sous la pression de la guerre au Moyen-Orient

Pétrole : Les prix repartent à la hausse sous la pression de la guerre au Moyen-Orient

Mercredi 11 mars 2026 – Les cours du pétrole reprennent leur ascension, alors que la guerre au Moyen-Orient continue de peser lourdement sur l’approvisionnement mondial. Même la perspective d’un éventuel déblocage des réserves stratégiques par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) n’apaise pas les tensions.

Selon Tamas Varga, analyste chez PVM Energy, « la situation restera alarmante tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert. D’ici là, les producteurs du Golfe réduiront volontairement leur production pour éviter un remplissage trop rapide des stocks. »

Mercredi, au moins trois navires – un porte-conteneurs, un cargo et un vraquier – ont été touchés près de ce passage stratégique, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL). Depuis le début du conflit le 28 février, l’agence maritime britannique UKMTO a recensé 14 incidents impliquant des navires dans la zone.

Parallèlement, les dirigeants du G7 se réunissent en visioconférence pour tenter d’atténuer les conséquences économiques de cette crise. Le recours aux stocks stratégiques de pétrole pour freiner la flambée des prix figure parmi les mesures envisagées.

Aux États-Unis, la hausse des coûts énergétiques est déjà perceptible dans plusieurs secteurs industriels. Le prix de l’essence a augmenté de 19 % en deux semaines, atteignant 3,50 dollars le gallon, tandis que le diesel a bondi de 28 %, à 4,86 dollars le gallon. Le ministère américain de l’Énergie avertit que les prix ne devraient pas retrouver leurs niveaux d’avant conflit avant mi-2027 au plus tôt.

L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) prévoit que le prix du Brent restera supérieur à 95 dollars le baril au cours des deux prochains mois, avant de redescendre sous 80 dollars au troisième trimestre, pour atteindre environ 70 dollars à la fin de l’année. Selon l’EIA, la production américaine de pétrole brut devrait atteindre 13,6 millions de barils par jour en 2026, puis 13,8 millions en 2027, tandis que la production de gaz naturel augmentera légèrement, permettant de stabiliser partiellement le marché intérieur.

Le détroit d’Ormuz, passage critique pour environ un quart du commerce maritime mondial de pétrole, du GNL et des engrais, reste au cœur des inquiétudes. La perturbation de ce passage entraîne une hausse des coûts logistiques et énergétiques à l’échelle mondiale, affectant particulièrement le transport routier, l’agriculture, l’aviation et le commerce de détail.

Dans le secteur du transport, les entreprises répercutent déjà la hausse du carburant sur les clients. Brian Wanner, directeur du groupe Peters Brothers Transportation, explique : « Sans la surtaxe carburant, notre entreprise ne pourrait tout simplement pas survivre. » Les agriculteurs sont également touchés, surtout en période de semis, car l’augmentation du diesel et des engrais renchérit le coût de production.

L’industrie aérienne subit un choc similaire. Le prix du kérosène a bondi de près de 60 % après le début du conflit, et Scott Kirby, PDG d’United Airlines, alerte sur l’impact significatif sur les résultats et les tarifs des billets.

Selon Hu Jie, ancien économiste en chef de la Réserve fédérale, une hausse prolongée des prix de l’énergie entraînera des répercussions sur l’ensemble de l’économie américaine, alimentant l’inflation et augmentant le coût de la vie pour les consommateurs.

En résumé, le marché pétrolier reste extrêmement tendu : la guerre au Moyen-Orient perturbe l’offre mondiale, alimente la volatilité des prix et crée une pression économique considérable sur les industries et les ménages. Les prochains mois seront déterminants pour l’équilibre du marché énergétique et la stabilité des prix à l’échelle mondiale.

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