Le pétrole recule : le baril à 100 dollars est-il un plafond ?

Le pétrole recule : le baril à 100 dollars est-il un plafond ?

mercredi 18 mars 2026 – Les prix du pétrole connaissent ce mercredi matin un recul marqué, dans un marché encore très volatil. Vers 08h00 GMT, le baril de Brent perdait environ 2,8 % à 100,50 dollars, tandis que le WTI américain reculait de plus de 4 % à 92,10 dollars. Après un rebond d’environ 3 % la veille, cette baisse soulève une question clé : le seuil des 100 dollars pourrait-il constituer un plafond durable pour le marché ?

Plusieurs facteurs expliquent ce recul technique. L’Irak a annoncé la reprise partielle de ses exportations, avec 250 000 barils par jour acheminés vers le port turc de Ceyhan, un premier signe concret de retour d’offre. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a également débuté le déstockage de 400 millions de barils de ses réserves stratégiques, une opération qui devrait s’intensifier fin mars en Europe et aux États-Unis, afin de compenser les perturbations dans le Golfe. Enfin, les frappes américaines contre des sites de missiles iraniens près du détroit d’Ormuz suscitent l’espoir d’un débloquement progressif de cette voie cruciale pour 20 % du pétrole mondial.

Pour autant, le marché reste sous pression. Le détroit d’Ormuz est toujours partiellement fermé et l’Iran maintient une position ferme, avertissant que le passage ne retrouvera pas son fonctionnement normal « sans plus de détails ». Les attaques de drones se poursuivent, notamment à Fujairah, et le conflit au Moyen-Orient entre dans son 19ᵉ jour, laissant planer le risque d’escalade et de perturbation des infrastructures pétrolières.

Selon les analystes, comme Robert Rennie de Westpac, le Brent pourrait rester dans une fourchette de 95 à 110 dollars par baril tant que la situation géopolitique n’évolue pas favorablement. Une désescalade rapide provoquerait probablement un recul significatif des prix, tandis que l’absence de solution pourrait maintenir durablement le baril autour de 100 dollars, faisant de ce niveau un plafond psychologique et technique pour le marché.

À court terme, la tendance actuelle reflète un repli technique lié aux espoirs d’offre et à la hausse des Bourses asiatiques, en attendant les décisions des banques centrales. Sur le moyen terme, l’évolution des prix dépendra de l’efficacité des déstockages de l’AIE et des développements géopolitiques dans le Golfe.

En résumé : malgré des signaux positifs sur l’offre, le pétrole recule ce matin, et le seuil des 100 dollars pourrait constituer un plafond provisoire, tant que les tensions au Moyen-Orient continuent de dominer le marché. La volatilité devrait rester forte dans les semaines à venir, avec des fluctuations rapides en fonction de l’évolution du conflit.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *