Soudan du Sud : massacre dans une mine d’or près de Juba, plus de 70 morts dans une attaque d’une rare violence

Soudan du Sud : massacre dans une mine d’or près de Juba, plus de 70 morts dans une attaque d’une rare violence

Juba, 30 mars 2026 — Le Soudan du Sud est une nouvelle fois plongé dans l’horreur. Une attaque armée d’une extrême brutalité a coûté la vie à plus de 70 personnes sur un site d’orpaillage artisanal situé à Jebel Iraq, dans l’État d’Équatoria-Central, à une quarantaine de kilomètres de la capitale Juba.

Selon les autorités, des hommes armés non identifiés ont pris d’assaut ce site aurifère dans la soirée du samedi 28 mars. Le bilan, encore provisoire, oscille entre 73 morts confirmés — selon le vice-président James Wani Igga — et plus de 70 victimes d’après la police. Certaines sources locales évoquent un chiffre encore plus élevé, pouvant atteindre 80 morts, tandis que plusieurs personnes sont toujours portées disparues après avoir fui dans la brousse.

Des images insoutenables, largement diffusées sur les réseaux sociaux, montrent des dizaines de corps étendus à même le sol, parfois recouverts de bâches de fortune. Outre le massacre, les assaillants auraient pillé un marché informel voisin, emportant argent liquide, téléphones et marchandises, accentuant le chaos dans cette zone déjà fragile.

Le porte-parole de la police, le brigadier Kwacijwok Dominic Amondoc, a confirmé l’attaque sans être en mesure, à ce stade, d’identifier les responsables. « Des hommes armés non identifiés ont attaqué Jebel Iraq, près d’une mine d’or. On dénombre plus de 70 morts et de nombreux blessés. Nous communiquerons davantage d’informations dès que possible », a-t-il déclaré.

Le site de Jebel Iraq — également connu sous les noms de Moyai Sukun ou Khor Kaltan — est un haut lieu de l’orpaillage artisanal, souvent illégal. Chaque jour, des milliers de jeunes, de déplacés internes et de civils s’y rendent dans l’espoir de trouver de l’or et d’échapper à la misère.

Dans un pays marqué par une pauvreté endémique, l’or représente à la fois une opportunité économique et une source majeure de conflits. La compétition pour son contrôle alimente des violences récurrentes entre groupes rivaux : orpailleurs artisanaux, exploitants illégaux, compagnies minières, mais aussi milices locales et éléments armés non étatiques.

Cette attaque s’inscrit dans un cycle de violences bien connu dans la région, où l’absence de régulation et la faiblesse de l’État transforment les zones minières en véritables poudrières.

Le vice-président James Wani Igga a fermement condamné une attaque « lâche et insensée », rendant hommage aux victimes qu’il a qualifiées de « pilier de l’économie locale ». Il a ordonné l’ouverture d’une enquête, l’évacuation des blessés et le renforcement immédiat de la sécurité autour des sites miniers.
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Ainsi, plusieurs facteurs expliquent cette situation : une autorité étatique limitée, une prolifération des armes, des rivalités autour des ressources naturelles et une économie largement informelle. De ce fait, même des zones proches de Juba échappent encore partiellement au contrôle des autorités.

Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les disparus, les autorités promettent un renforcement des mesures de sécurité. Parallèlement, une enquête a été annoncée sur les activités minières illégales dans la région.

Cependant, au regard des précédents, beaucoup redoutent que cette affaire ne débouche pas sur des résultats concrets. En conséquence, ce massacre pourrait non seulement rester impuni, mais aussi alimenter davantage les tensions politiques et communautaires dans un pays déjà profondément fragilisé.

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