Chute des alliés, isolement total : le régime Tebboune-Chengriha au bord du gouffre

Chute des alliés, isolement total : le régime Tebboune-Chengriha au bord du gouffre

Après la chute successive de tous les alliés historiques de l’Algérie – du criminel de guerre syrien Bachar el-Assad, tombé le 8 décembre 2024 et réfugié à Moscou, en passant par le dictateur vénézuélien Nicolás Maduro, saisi par les forces américaines en janvier 2026, jusqu’à l’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei le 28 février 2026 lors de frappes israélo-américaines –, le président Abdelmadjid Tebboune semble aujourd’hui palper nerveusement son crâne. Il apparaît comme un simple exécutant aux ordres des généraux, tandis que le général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, dirige de facto le pays.

Le régime militaire, rongé par une corruption qui a gangrené toutes les institutions et administrations, offre un spectacle pathétique. Le peuple algérien, plongé dans une misère croissante, fouille parfois les poubelles pour survivre et se dispute les restes laissés par les généraux vieillissants. Des femmes, poussées par le désespoir, vendent leur dignité pour un repas, un kilo de bananes ou un litre d’eau potable ; certaines accouchent d’enfants illégitimes dont les pères restent inconnus et sont prêtes à fuir avec n’importe quel étranger pour échapper à l’enfer de cette « Algérie nouvelle ».

Nous avons vécu et vu le système des généraux dans toute son horreur : échecs humiliants sur tous les fronts, pertes humaines et décomposition sociale. Pourtant, le pouvoir continue de proclamer que le pays est devenu un modèle d’essor et de progrès. Comment l’Algérie pourrait-elle incarner un tel modèle alors que les files d’attente s’allongent partout pour les biens de première nécessité, que les coupures d’électricité et d’eau se multiplient malgré les investissements annoncés, et que des hordes de jeunes se massent sur les plages pour tenter la « harga », cette immigration clandestine désespérée vers l’Europe ? Ils fuient ce qu’ils perçoivent comme une prison à ciel ouvert.

Les observateurs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, constatent les signes patents d’un effondrement économique et politique. Celui-ci ne se mesure pas seulement aux explosions sporadiques de colère populaire, mais surtout à la désintégration de la structure politique du régime militaire, à la perte totale de confiance entre gouvernants et gouvernés, et à l’exposition dangereuse des mécanismes traditionnels de contrôle : répression, achat de loyautés et propagande.

Le système des généraux a atteint un stade d’impuissance chronique, marqué par l’absence totale d’un projet national fédérateur. Il s’est livré aux intérêts étrangers, en tête desquels la Russie et les mercenaires de l’ex-groupe Wagner, devenus partenaires dans les domaines sécuritaire et décisionnel. Ce vasselage, justifié par des slogans creux sur la « protection russe de l’indépendance algérienne », révèle la vérité crue : le régime n’a plus de souveraineté réelle. Il fonctionne comme un simple agent local au service de puissances qui redessinent la région à leur profit, quitte à sacrifier le peuple algérien lui-même.

Ironie suprême : cette fameuse « protectrice de l’indépendance » qu’est la Russie semble aujourd’hui prendre ses distances avec Alger, dans un contexte de brouille silencieuse et de reproches mutuels liés notamment aux enjeux gaziers européens où l’Algérie a cherché à se positionner comme alternative. Cette volte-face risque d’accélérer la chute du régime, en précipitant son éclatement et, potentiellement, un risque de partition du pays.

Les faits corroborent en partie ce réquisitoire acerbe. L’isolement diplomatique s’est accentué après ces chutes en chaîne. L’économie algérienne souffre : réserves de change en recul sensible (autour de 47 milliards de dollars en octobre 2025, en baisse continue), dépréciation du dinar, dépendance persistante aux hydrocarbures malgré les discours sur la diversification, tensions budgétaires et pénuries récurrentes de biens essentiels. Les harraga continuent de risquer leur vie en mer, fuyant un quotidien marqué par le chômage des jeunes et l’absence de perspectives.

Le pouvoir de Tebboune, souvent décrit comme placé sous tutelle militaire de Chengriha, apparaît fragilisé par des tensions internes au sommet de l’État. Les files d’attente, les coupures d’eau et d’électricité, l’exode des jeunes et l’absence de vision stratégique dessinent le portrait d’un régime épuisé, incapable de répondre aux aspirations d’une population exsangue.

Ce texte, rédigé dans un style pamphlétaire virulent, exprime la rage d’un opposant exaspéré par des décennies de gouvernance militaire. Il exagère sans doute certains détails les plus crus de la misère quotidienne, mais il touche un nerf sensible : l’écart abyssal entre la propagande officielle d’une « Algérie émergente » et la réalité vécue par des millions de citoyens. Le régime, acculé par l’isolement géopolitique, la crise économique structurelle et l’érosion de sa légitimité, navigue aujourd’hui à vue. L’Histoire jugera si cette « Algérie nouvelle » marque le crépuscule d’un système ou le prélude à un sursaut douloureux. Pour l’heure, le peuple paie le prix fort de cet échec collectif.

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