Comment le logement en Algérie est-il devenu une aumône politique accordée en échange d’asservissement ?

Comment le logement en Algérie est-il devenu une aumône politique accordée en échange d’asservissement ?

Dans un monde parallèle peuplé uniquement par la grandeur de Abdelmadjid Tebboune, notre pays se présente comme le paradis perdu que le destin a miraculeusement retrouvé. Aucune crise du lait, aucune file d’attente interminable pour l’huile de cuisson, aucune coupure d’eau qui humilie les citoyens, aucun jeune qui se jette dans les barques de la mort à la recherche d’une dignité piétinée, aucune femme qui vend son corps pour un repas bon marché. Dans cet univers imaginaire règne le syndrome de la supériorité qui transforme les discours du président en litanies répétitives : nous sommes la première nation, nous sommes la seule nation, nous sommes la plus… Alors que la réalité crie son amertume sur le terrain : nous sommes les plus misérables et les plus pauvres.

Avec une assurance qui fait envie, Tebboune apparaît pour nous annoncer que l’Algérie est le seul pays au monde qui construit des logements pour ses citoyens et les distribue gratuitement ou presque. Mais les généraux conseillers du palais ont oublié d’informer Son Excellence que des pays voisins, du Golfe et des confins de la planète mettent en œuvre des politiques de logement bien plus ambitieuses, plus modernes et plus profitables pour leurs peuples. Pourtant, le syndrome de l’unicité ne reconnaît pas les chiffres. Elle veut persuader le miséreux qui a gaspillé sa vie dans les dossiers de l’ADL ou du logement social sans aucun résultat qu’il vit dans un paradis socialiste incomparable. La vérité est tout autre : le logement dans notre pays a cessé d’être un droit constitutionnel pour devenir une aumône politique accordée en échange d’esclavage, de loyauté, de silence et de soumission.

Ce délire de grandeur chiffrée se propage maintenant aux dossiers de l’énergie et des minerais. Le citoyen stupéfait entend que notre pays est devenu le leader mondial de l’exportation du phosphate et de l’électricité. Or, le secteur du phosphate reste prisonnier de promesses non tenues et de partenariats qui patinent, tandis que des pays voisins dominent ce marché depuis des décennies. Quant à l’électricité, pendant que le président vante son exportation vers l’Europe, des wilayas entières, des villes et des villages plongent dans une obscurité totale en plein été. Les régions de l’ombre gémissent sous une vie primitive. C’est la politique de l’exportation du surplus d’illusions, alors que l’intérieur souffre d’un manque criant d’efficacité, d’une mauvaise gestion, de l’expansion des maladies et de la prostitution.

Le discours sur le bonheur, la prospérité et les conditions de vie dignes atteint le sommet de la comédie noire dans les propos du dément Tebboune. Comment un pays heureux peut-il voir sa jeunesse figurer en tête des statistiques de l’immigration clandestine ? Comment une nation opulente peut-elle assister à des bagarres pour un sac de lait ou un litre d’huile, des scènes qui déchirent le cœur et bafouent la dignité humaine ?

La vie décente dont parle le chien Tebboune ne se trouve que sur la planète El Mouradia, au palais présidentiel. Dans les quartiers de Reghaia, Bachdjarah et Adrar, les citoyens luttent contre une vie chère qui dévore les salaires, contre une sécheresse qui assèche les gorges bien avant les robinets.

Et le président adoré clôt cette symphonie de falsification en affirmant qu’il n’existe aucun plafond à la liberté d’expression chez nous. Il a raison, Excellence : le plafond n’existe pas, car ce sont désormais les murs des prisons qui entourent quiconque ose dire non et défier la bande au pouvoir. Les geôles regorgent de prisonniers d’opinion, les plumes des journalistes ont été brisées, les lois sont taillées sur mesure pour punir l’offense aux institutions. Tout prouve que, dans le vocabulaire du régime militaire, la liberté se limite à applaudir. Cette langue de bois gonflée d’une arrogance mensongère ne trompe plus personne. C’est une vulgaire propagande qui se fracasse quotidiennement contre la réalité du citoyen misérable. Celui-ci n’a pas besoin qu’on lui dise qu’il est le premier au monde ou le plus riche de la région. Il a besoin d’une goutte d’eau, d’une bouchée de pain digne, et du droit de parler sans crainte.

Ô Excellence le président, l’Algérie n’est pas la seule à construire des logements, mais elle risque d’être la seule dont le chef d’État s’obstine à nier avec une telle férocité la réalité vécue par son peuple. Cessez de vendre des illusions. Le peuple en a ras le bol des mirages, il crève de faim pour la dignité et il est exaspéré par vos promesses mensongères.

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