Le Hezbollah dément fermement toute implication dans un projet d’attentat à Damas contre une personnalité religieuse

Le Hezbollah dément fermement toute implication dans un projet d’attentat à Damas contre une personnalité religieuse

Beyrouth / Damas, le 12 avril 2026 – Le mouvement chiite libanais Hezbollah a catégoriquement rejeté, dimanche 12 avril, les accusations du ministère syrien de l’Intérieur qui le liait à une cellule terroriste présumée ayant tenté de commettre un attentat à l’explosif dans le quartier historique de Bab Touma à Damas.

Selon un communiqué publié samedi 11 avril par le ministère syrien de l’Intérieur, les forces de sécurité ont déjoué un « complot destructeur » visant la sécurité de la capitale. Les unités spécialisées de la direction de lutte contre le terrorisme, en coopération avec les services de sécurité intérieure de la région de Damas, ont repéré une femme en train de tenter de déposer un engin explosif devant la maison d’une « personnalité religieuse » non identifiée, à proximité de l’église Sainte-Marie dans le quartier chrétien de Bab Touma.

L’engin a été rapidement désamorcé sans provoquer d’explosion, ni victimes ni dégâts matériels. Cinq personnes au total, dont cette femme, ont été arrêtées sur-le-champ. Les premières investigations ont révélé, selon Damas, que cette cellule était « liée au Hezbollah libanais » et que ses membres avaient reçu une formation militaire spécialisée à l’étranger, notamment dans la fabrication et la pose d’engins explosifs.

Certaines sources médiatiques israéliennes (comme la chaîne Kan) et arabes ont identifié la cible potentielle comme étant le rabbin Michael Khoury, une figure religieuse juive présente à Damas. Cependant, les autorités syriennes n’ont pas confirmé officiellement cette identité et se sont contentées de parler d’une « personnalité religieuse ».

Dans un communiqué diffusé dimanche, le Hezbollah a qualifié ces allégations de « fausses et fabriquées de toutes pièces ». Le mouvement a réaffirmé avec force qu’il n’avait « aucune activité, aucun lien ni aucune relation avec aucun parti en Syrie », et qu’il n’avait « aucune présence sur le sol syrien ».

« Le Hezbollah réaffirme son souci pour la sécurité, la stabilité et la sûreté de la Syrie et de son peuple dans toute sa diversité », peut-on lire dans le texte. Il a par ailleurs appelé les autorités syriennes à « mener une enquête approfondie et sérieuse avant de lancer des accusations sans preuve », tout en évoquant la possible présence de « services de renseignement » cherchant à « attiser les tensions entre le Liban et la Syrie ».

Cette affaire s’inscrit dans un climat de méfiance profonde entre les nouvelles autorités syriennes, dirigées par Ahmed al-Sharaa depuis la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024, et le Hezbollah. Les dirigeants actuels de Damas ont clairement rompu avec l’ancien « axe de la résistance » soutenu par l’Iran et sont ouvertement hostiles à l’influence iranienne et à ses alliés, dont le Hezbollah.

Le mouvement chiite avait joué un rôle militaire majeur aux côtés de l’armée syrienne pendant la guerre civile (2011-2024), contrôlant notamment des zones frontalières et facilitant les transferts d’armes et de financements iraniens. Depuis la prise de pouvoir des nouvelles autorités, Damas a multiplié les opérations contre ce qu’elle qualifie de « cellules liées à l’ancien régime » ou à des acteurs étrangers.

En février 2026 déjà, le ministère syrien de l’Intérieur avait accusé le Hezbollah d’être derrière des attaques dans le quartier de Mazzeh à Damas, accusations que le mouvement avait également niées avec vigueur.

À ce stade, aucune preuve matérielle concrète n’a été rendue publique par les autorités syriennes pour étayer le lien direct avec le Hezbollah, et l’enquête est encore présentée comme préliminaire. Les cinq suspects arrêtés seront déférés devant la justice une fois le dossier complété.

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