Les prix mondiaux du pétrole sont tombés sous la barre des 95 $

Les prix mondiaux du pétrole sont tombés sous la barre des 95 $

15 avril 2026 — Les prix du pétrole brut évoluent en ordre dispersé mercredi, tiraillés entre l’espoir d’une reprise rapide des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran, et les nouvelles menaces de Téhéran de bloquer les voies maritimes stratégiques en réponse au blocus américain.

Vers 13h50 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin gagnait 0,49 % à 92,25 dollars, tandis que son homologue américain, le WTI pour livraison en mai, progressait plus modestement de 0,15 % à 91,42 dollars.

Les cours ont chuté ces deux derniers jours, portés par les déclarations optimistes du président américain Donald Trump. Ce dernier a indiqué que de nouveaux pourparlers avec l’Iran pourraient reprendre « dans les deux prochains jours », possiblement à nouveau au Pakistan, médiateur discret mais actif dans ce dossier. Trump a même affirmé mardi soir que « la guerre dans le Golfe est presque finie » et que les autorités iraniennes « veulent vraiment parvenir à un accord ».

Cette relative accalmie intervient après l’échec des négociations marathon du week-end dernier à Islamabad, qui ont duré plus de 21 heures sans aboutir à un accord. À la suite de cet échec, les États-Unis ont imposé un blocus sur les ports iraniens et renforcé leur contrôle dans le détroit d’Ormuz, provoquant une forte inquiétude sur les approvisionnements mondiaux.

L’Iran a répliqué fermement. Le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées iraniennes, a averti que toute poursuite du blocus américain constituerait « le prélude à une violation du cessez-le-feu » en vigueur depuis le 8 avril. Il a menacé de bloquer totalement les exportations et importations dans le Golfe persique, la mer d’Oman et la mer Rouge si les États-Unis maintenaient leur pression sur les navires iraniens et les pétroliers.

Un tel blocage de la mer Rouge mettrait particulièrement en danger les exportations saoudiennes détournées via le port de Yanbu depuis le début du conflit.

Malgré ces tensions, le marché reste relativement optimiste sur une reprise diplomatique. Selon des sources iraniennes, les échanges avec Washington se poursuivent via le canal pakistanais. Les analystes estiment que les menaces iraniennes pourraient être une posture de négociation destinée à « jouer leur meilleure carte » avant de revenir à la table.

Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB, reste toutefois prudent : « Je suis pessimiste sur la capacité des deux parties à trouver un accord rapide. Ce type de rhétorique va probablement se poursuivre, maintenant une forte incertitude sur le marché. »

Les analystes de Standard Chartered estiment par ailleurs que le blocus américain pourrait retirer du marché 1,5 à 1,8 million de barils par jour supplémentaires de brut iranien.

En résumé le pétrole évolue avec prudence : les espoirs de désescalade diplomatique exercent une pression baissière à court terme, tandis que les risques géopolitiques élevés (Ormuz, mer Rouge, blocus) limitent la baisse et maintiennent une prime de risque significative.

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