Macron : Paris prêt à maintenir sa présence au Liban après le retrait de la FINUL et appelle à une désescalade régionale
La France entend rester un acteur central dans la stabilisation du Liban. Le président français Emmanuel Macron a affirmé mardi que Paris était prêt à maintenir son engagement sur le terrain après le retrait de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL/UNIFIL), dont le mandat actuel arrive à échéance fin 2026. Il a également appelé à une approche progressive, encadrée et institutionnelle du désarmement du Hezbollah.
Ces déclarations ont été faites lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre libanais Nawaf Salam, dans un contexte marqué par une trêve fragile au sud du Liban et des tensions persistantes avec Israël.
Emmanuel Macron a insisté sur un principe central : le désarmement du Hezbollah ne peut être imposé de l’extérieur. Selon lui, « le désarmement du Hezbollah doit être conduit par les autorités libanaises et les forces armées libanaises », ajoutant explicitement que « ce n’est pas à la France de le faire ».
Cette position s’inscrit dans une logique de soutien à la souveraineté du Liban et au renforcement de ses institutions, en particulier de son armée, considérée comme le pilier de la stabilité interne et de l’unité de l’État.
Le président français a également estimé que la situation sécuritaire reste entravée par la persistance de tensions armées et de frappes transfrontalières. Sans désigner directement les acteurs impliqués, il a souligné que « tant qu’il y a une force qui occupe le territoire libanais ou qui bombarde, cela affaiblit la capacité à désarmer le Hezbollah ».
Cette déclaration fait écho aux tensions récurrentes dans le sud du Liban, où les affrontements intermittents continuent d’alimenter un climat d’instabilité malgré les efforts de désescalade.
Emmanuel Macron a parallèlement appelé Israël à respecter la souveraineté de ses voisins et à s’inscrire dans une logique de désescalade. Il a insisté sur la nécessité de « donner du temps à la négociation » et d’éviter toute reprise des hostilités, estimant qu’une escalade militaire aurait des conséquences « catastrophiques » pour la région.
Il a également annoncé la préparation d’une conférence internationale dédiée à la reconstruction du Liban, ainsi que la reprogrammation d’une réunion de soutien aux forces armées libanaises.
De son côté, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a réaffirmé la priorité de son gouvernement : restaurer le monopole de l’État sur les armes. Il a rappelé qu’« il ne peut pas y avoir d’État sans monopole des armes », soulignant la nécessité de renforcer les institutions officielles.
Sans confrontation directe avec le Hezbollah, il a insisté sur l’importance de poursuivre les discussions politiques, notamment sur le retrait des forces étrangères et le retour des populations déplacées.
Nawaf Salam a également alerté sur l’ampleur de la crise humanitaire. Le Liban aurait besoin d’environ 500 millions d’euros dans les six prochains mois, alors que les engagements internationaux restent insuffisants pour répondre aux besoins urgents.
