Super-chaussures : “Innovation, pas triche” Coe trace la ligne rouge de l’innovation en athlétisme
Le monde de l’athlétisme tremble sous l’assaut des super-chaussures, ces armes technologiques bardées de plaques en carbone, mousses réactives et designs aérodynamiques. Ainsi, capables d’améliorer l’économie de course de 4%, elles pulvérisent les records –
Mais au risque d’une injustice criante, Sebastian Coe, président de World Athletics, trace la ligne rouge : innover oui, tricher jamais.
“Ne pas étouffer l’innovation, c’est l’ADN du sport”, martèle Coe, tout en imposant des garde-fous intransigeants. La réglementation 2020-2026 est claire : semelles limitées à 40 mm maximum, une seule plaque en carbone par chaussure, et contrôles de rigidité pour bloquer toute restitution d’énergie excessive. “C’est la ligne rouge entre progrès et tricherie”, insiste-t-il.
Pour Coe, la performance reste fondamentalement humaine : entraînements titanesques (jusqu’à 80 000 km pour les élites), VO₂ max flirtant avec 80 ml/kg/min, et mental d’acier priment sur la tech. World Athletics collabore d’ailleurs avec Nike, Adidas et Asics pour encadrer les futures innovations, comme les amortis adaptatifs à intelligence artificielle.
Sur le bitume, les marathons en attestent. À Londres, Sebastian Sawe a ébloui avec les Adidas Adizero Adios Pro Evo 2 (138 g, plaque carbone et mousse Lightstrike Pro), talonné par Tigst Assefa et Yomif Kejelcha en Nike Alphafly 3, optimisées pour un rebond propulsif. Mais à 450-550 euros la paire, l’accessibilité pose question, creusant les écarts financiers.
Les critiques fusent : l’athlétisme virerait-il à la course d’ingénieurs ? Eliud Kipchoge tempère : “C’est un allié, pas un raccourci.” Coe, lui, a tracé la ligne : la tech booste, mais ne remplace pas l’humain. Reste à voir si elle respectera cette frontière.
