Importations massives de moutons pour l’Aïd : urgence coûteuse qui pèse sur le budget et le pouvoir d’achat ?
1er mai 2026 – Le port de Ténès (Chlef) a accueilli une quatrième cargaison de 16 250 moutons en provenance d’Espagne, s’ajoutant aux plus de 40 000 têtes déjà importées depuis avril (de Roumanie et d’Espagne) pour approvisionner l’Aïd al-Adha. Pilotée par la Direction des services agricoles, cette opération garantit une abondance et une stabilité des prix grâce à des quarantaines rigoureuses et des points de vente supervisés. Pourtant, cette décision pèse d’un poids insoutenable sur les épaules des Algériens : elle alourdit les charges budgétaires, alimente l’inflation et érode durablement leur pouvoir d’achat.
Chaque mouton importé représente un coût supérieur à 100 000 DA pour l’État algérien (fret maritime, contrôles vétérinaires, alimentation, transport routier). Avec un programme national visant un million de têtes, par conséquent, cela génère un débours massif financé par les deniers publics, sans retour fiscal notable. Cette stratégie, qui privilégie l’importation au détriment d’investissements locaux durables, évite les pénuries festives mais creuse le déficit budgétaire et la dépendance extérieure.
Pis encore, ces subventions massives – comme pour les 40 000 têtes déchargées à Ténès – gonflent la masse monétaire et propulsent l’inflation des produits essentiels (pain, huile, lait) que les Algériens consomment quotidiennement. Au lieu de booster l’élevage local sur 20 millions d’hectares de pâturages sous-exploités, l’État favorise les importateurs, favorisant spéculations et hausses de prix post-fête. Du coup, le mouton « abordable » à 40 000 DA masque une perte réelle de pouvoir d’achat, estimée à 5-10% pour les ménages ruraux.
Ces aides exceptionnelles, prélevées sur le budget public, injectent des milliards de dinars sans créer de richesse durable. Elles dévaluent le dinar et alourdissent le panier quotidien, imposant une charge supplémentaire équivalente à 2 200 DA par habitant pour un million de moutons subventionnés – au profit des importateurs plutôt que d’emplois et de stabilité des prix via l’agriculture locale.
Dans les zones steppiques, où l’élevage pèse pour 70% des revenus, cette politique accélère la précarité : spéculateurs revendent plus cher après l’Aïd, tandis que l’inflation ronge les salaires. Or, exploiter ces 20 millions d’hectares pourrait doubler la production nationale, allégeant les charges budgétaires pour des baisses d’impôts ou aides directes, et restaurant un pouvoir d’achat solide.
La solution ? Réorienter les subventions vers l’élevage local et les coopératives freinerait l’inflation de 3-5 points, stabiliserait les prix sans peser sur les ménages. Des marchés transparents et sacrifices partagés élimineraient les spéculations, faisant de l’Aïd une opportunité plutôt qu’une charge fiscale déguisée.
