Mexique : Sheinbaum réclame des preuves solides après des accusations américaines visant le gouverneur de Sinaloa
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a affirmé jeudi que le Mexique exigeait des preuves « irréfutables » avant d’envisager toute demande d’extradition liée aux accusations de trafic de drogue portées par les États-Unis contre le gouverneur de Sinaloa, Rubén Rocha Moya, et neuf autres personnes.
Le ministère américain de la Justice a dévoilé mercredi des poursuites visant le gouverneur, membre du parti Morena au pouvoir, ainsi que d’autres responsables, qu’il accuse d’avoir collaboré avec le cartel de Sinaloa pour faire passer d’énormes quantités de stupéfiants vers les États-Unis.
Sheinbaum a précisé que si le parquet mexicain recevait des éléments solides et conformes au droit national, il devrait donner suite à une éventuelle demande d’extradition. En revanche, faute de preuves, ces accusations pourraient, selon elle, avoir une portée politique.
Le gouverneur Rocha Moya a rejeté ces accusations sur les réseaux sociaux, les présentant comme une attaque contre Morena, le parti fondé par l’ancien président Andrés Manuel López Obrador. Les autres responsables visés par l’enquête américaine appartiennent eux aussi à cette formation politique.
La présidente a aussi souligné que c’était la première fois que les États-Unis rendaient publiques des accusations de trafic de stupéfiants contre un gouverneur en exercice ou un autre haut responsable. « Nous ne protégerons personne », a-t-elle affirmé.
Cette affaire alimente encore les tensions entre Mexico et Washington, déjà exacerbées par la pression américaine sur la lutte antidrogue et par les débats sur la souveraineté mexicaine.
Sheinbaum rejette toute présence militaire américaine sur le territoire mexicain, tout en se disant favorable à une coopération renforcée en matière de renseignement.
