Pétrole : reflux des prix après le signal d’apaisement de Washington sur Ormuz
Les cours du pétrole ont nettement reculé mardi 5 mai 2026, à la faveur d’un message d’apaisement émanant de Washington, alors même que les marchés redoutaient jusqu’alors une escalade majeure entre les États-Unis et l’Iran autour du stratégique détroit d’Ormuz. Lors d’une conférence de presse au Pentagone, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a cherché à désamorcer les tensions en affirmant : « Nous ne cherchons pas à nous battre », tout en rappelant que les États-Unis n’entendaient pas tolérer le blocage d’une voie maritime internationale essentielle.
Après plusieurs séances de flambée alimentées par les affrontements dans le Golfe, les prix ont amorcé un repli significatif. Le Brent, pour livraison en juillet, a ainsi perdu environ 3,1 %, revenant autour de 110,88 dollars, tandis que le WTI, pour livraison en juin, a cédé plus de 4 %, à 101,97 dollars.
les investisseurs privilégient désormais une posture attentiste, s’accrochant à l’idée que le cessez-le-feu — bien que fragile — entre Washington et Téhéran continue de tenir, tandis que la Maison Blanche semble, à ce stade, écarter l’hypothèse d’une confrontation directe.
Pour autant, cette détente des cours ne saurait occulter la réalité d’un terrain toujours sous haute tension. Le détroit d’Ormuz demeure fortement perturbé et s’impose plus que jamais comme l’épicentre d’un bras de fer stratégique.
Dans ce cadre, les États-Unis ont lancé l’opération Project Freedom afin d’escorter et de débloquer les navires immobilisés dans le Golfe, tandis que l’Iran est accusé de maintenir une pression constante sur le trafic maritime.
Plusieurs incidents récents témoignent de cette tension persistante : des attaques visant les Émirats arabes unis, notamment le site pétrolier de Fujaïrah, une explosion suivie d’un incendie à bord d’un navire sud-coréen dans le détroit, ainsi que la destruction revendiquée de plusieurs embarcations iraniennes par l’armée américaine — une version contestée par Téhéran. En parallèle, les autorités émiraties indiquent avoir intercepté missiles et drones pour le deuxième jour consécutif, en dépit du cessez-le-feu.
Si les marchés semblent se raccrocher à l’hypothèse d’une désescalade, les signaux politiques demeurent profondément ambivalents. Ainsi, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que son pays n’avait « même pas encore commencé » son affrontement avec les États-Unis — une déclaration qui contraste nettement avec les propos plus conciliants de Washington.
Dès lors, cette dissonance stratégique alimente une volatilité persistante. Les analystes de DNB Carnegie et de ING soulignent que le soulagement observé sur les marchés pourrait n’être que transitoire : la reprise partielle du trafic ne saurait être assimilée à un retour à la normale.
