Roumanie : chute du gouvernement Bolojan après une motion de censure, nouvelle crise politique à Bucarest
Le Parlement roumain a renversé ce mardi le gouvernement du Premier ministre Ilie Bolojan à la suite de l’adoption d’une motion de censure massive, plongeant le pays dans une nouvelle zone d’instabilité politique.
Au total, 281 députés ont voté en faveur de la motion, largement au-dessus des 233 voix nécessaires pour faire tomber l’exécutif. Ce vote marque l’effondrement d’une coalition quadripartite déjà fragilisée depuis plusieurs semaines par des tensions internes.
Le gouvernement Bolojan, en place depuis seulement dix mois, s’était formé dans un contexte de lutte contre la montée de l’extrême droite, incarnée par l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), devenue la deuxième force du Parlement avec près d’un tiers des sièges.
Mais la coalition n’a pas résisté aux divergences profondes entre partenaires, notamment sur la politique économique. Les sociaux-démocrates, principale formation de gauche, ont quitté l’alliance le mois dernier avant de rejoindre l’opposition, dénonçant les mesures d’austérité défendues par le Premier ministre libéral.
Ces réformes, visant à réduire un déficit public parmi les plus élevés de l’Union européenne, ont cristallisé les tensions et accéléré la rupture politique.
Cette crise institutionnelle intervient dans un contexte de forte nervosité des marchés. La monnaie nationale, le leu, a chuté à un niveau record face à l’euro avant même le vote, signe de l’inquiétude des investisseurs face à une possible remise en cause de la trajectoire budgétaire du pays.
Plusieurs analystes redoutent désormais un ralentissement des efforts de consolidation fiscale, alors que la Roumanie est sous pression de Bruxelles pour réduire son déficit.
Le président Nicușor Dan doit désormais engager des consultations pour tenter de former un nouveau gouvernement. Il a appelé au calme et assuré que la Roumanie, membre de l’Union européenne et de l’OTAN et voisine directe de l’Ukraine, maintiendrait son orientation pro-européenne.
Cependant, dans un Parlement fragmenté et polarisé, la formation d’une nouvelle majorité s’annonce particulièrement complexe. Si les élections législatives ne sont pas prévues avant 2028, l’hypothèse d’un scrutin anticipé, bien que jugée improbable, n’est plus totalement exclue dans le débat politique.
