Le pétrole chute malgré les tensions : les marchés parient sur un accord entre Washington et Téhéran

Le pétrole chute malgré les tensions : les marchés parient sur un accord entre Washington et Téhéran

Les prix du pétrole ont fortement reculé mercredi 27 mai, les marchés privilégiant désormais l’hypothèse d’un accord diplomatique entre les États-Unis et l’Iran, malgré la poursuite des affrontements militaires et la fermeture persistante du détroit stratégique d’Ormuz.

En début de séance européenne, le brut américain WTI abandonnait plus de 4 %, tombant à 89,83 dollars le baril. Le Brent de la mer du Nord reculait lui aussi de 3,66 %, à 95,94 dollars, restant sous le seuil symbolique des 100 dollars pour le troisième jour consécutif.

Cette baisse spectaculaire traduit un changement brutal du sentiment des investisseurs. Alors que les tensions militaires entre Washington et Téhéran avaient récemment provoqué une flambée des cours, les opérateurs semblent désormais miser sur une percée diplomatique susceptible d’éviter une crise énergétique mondiale durable.

Selon plusieurs analystes, les spéculateurs espèrent qu’un compromis pourrait émerger autour d’un prolongement du cessez-le-feu pour une durée de 60 jours. Une telle initiative permettrait la reprise des discussions sur deux dossiers explosifs : la réouverture du détroit d’Ormuz et le programme nucléaire iranien.

Les stratèges d’ING, Warren Patterson et Ewa Manthey, soulignent toutefois que la situation demeure extrêmement instable. Dans une note publiée mercredi matin, ils estiment que « les prix du pétrole restent sous pression en raison des attentes changeantes autour d’un possible accord entre les États-Unis et l’Iran », tout en rappelant que « les risques restent élevés en raison des tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz ».

Car sur le terrain, les hostilités n’ont pas cessé. L’activité militaire reste intense autour du passage maritime le plus sensible de la planète. L’Iran a accusé les États-Unis d’avoir commis une « grave violation » du cessez-le-feu après de nouvelles frappes américaines visant des sites de missiles et des embarcations dans le sud iranien. De son côté, le commandement central américain affirme avoir agi en « légitime défense ».

Malgré cette escalade, les marchés semblent croire qu’un accord politique reste possible. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a reconnu que les négociations demeuraient envisageables, même si le président Donald Trump refuse, selon ses proches, tout compromis jugé défavorable à Washington.

Depuis plusieurs semaines, les marchés pétroliers évoluent ainsi au rythme des rumeurs diplomatiques plutôt qu’en fonction des fondamentaux énergétiques réels. Pourtant, la crise de l’approvisionnement mondial reste profonde. Une grande partie des exportations énergétiques du Moyen-Orient demeure paralysée par la fermeture d’Ormuz, ce qui continue d’alimenter les craintes d’un choc prolongé sur les marchés mondiaux.

Les investisseurs attendent désormais avec attention les prochaines données sur les stocks américains de pétrole. Les chiffres de l’American Petroleum Institute (API), attendus dans les prochaines heures, puis le rapport hebdomadaire de l’Energy Information Administration (EIA) jeudi, pourraient influencer fortement l’évolution des cours.

Dans ce climat de nervosité extrême, le marché pétrolier apparaît plus que jamais suspendu à la géopolitique. Entre frappes militaires, négociations secrètes et spéculations financières, le moindre signal en provenance de Washington ou de Téhéran suffit désormais à faire vaciller les prix du brut en quelques minutes.

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