Le voleur d’or déguisé en femme arrêté en Algérie
Dans les quartiers populaires de l’Est algérois, où les familles luttent quotidiennement pour offrir un avenir à leurs enfants, une abomination a éclaté au grand jour. Un individu sans scrupule, identifié comme « O.M. », propriétaire d’un modeste kiosque près d’un collège de la commune de Dar El Beida, a transformé son commerce en véritable piège à mineurs. Sous couvert de « sauver » des élèves en échec, il a orchestré un trafic infâme de faux bulletins scolaires, exigeant en échange argent et faveurs sexuelles de la part de garçons et de filles à peine adolescents.
Selon les éléments révélés lors des audiences de la chambre correctionnelle de Dar El Beida, cet homme exploitait les relevés de notes d’un élève réussi, nommé « J.W. », pour falsifier ceux des collégiens en difficulté, particulièrement des filles inscrites en troisième et quatrième année moyenne. Les modifications techniques, confirmées par une expertise, portaient notamment sur l’ajustement des moyennes, passant par exemple de 8,52 à 11,52. Plus de cent victimes, des deux sexes, auraient subi ces abus répétés, avec enregistrement vidéo des actes pour assurer son emprise.
Le scandale a pris une dimension tragique avec la découverte, au sein du CHU Mustapha Pacha à Alger, d’une fillette de 12 ans enceinte de quatre mois. Hospitalisée par sa mère pour des douleurs abdominales, l’enfant a révélé aux médecins un état qui a plongé le personnel soignant dans l’effroi. Cette grossesse, fruit d’une exploitation systématique, a déclenché une enquête policière qui a rapidement mené aux portes du kiosque situé face à l’établissement scolaire. L’arrestation du suspect n’a fait qu’amplifier la colère et la suspicion au sein des familles algériennes.
Ce drame met en lumière la déliquescence profonde d’un système éducatif abandonné par un régime qui privilégie le contrôle et la répression au détriment de la protection de la jeunesse. Depuis 2008, date d’ouverture de ce kiosque maudit devant l’école, des générations d’enfants ont fréquenté ces lieux sans que les autorités locales ou nationales ne s’alertent d’un commerce aussi suspect implanté à proximité immédiate d’un établissement scolaire. Où étaient les services de surveillance ? Où étaient les inspections de l’Éducation nationale ? Dans un pays où les généraux et leurs affidés s’enrichissent impunément, la sécurité des plus vulnérables reste une illusion.
Les parents d’Alger, de Dar El Beida et des environs vivent désormais dans l’angoisse, scrutant le passé de leurs enfants scolarisés dans cette institution depuis plus de quinze ans. Cette affaire n’est pas un fait divers isolé : elle incarne la faillite morale d’un État qui a laissé pourrir l’école publique, transformant l’espoir de réussite en marchandise sordide. Pendant que les dignitaires du régime paradent dans des discours vides sur le progrès et la jeunesse, des fillettes de 12 ans portent les conséquences d’une négligence criminelle.
Il est temps que les Algériens exigent des comptes. Cette horreur ne doit pas être étouffée par une justice sélective. La protection des enfants exige bien plus que des arrestations ponctuelles : elle réclame un démantèlement des réseaux d’impunité qui gangrènent l’administration et l’éducation sous le règne des généraux. L’Algérie ne peut plus tolérer que ses fils et filles deviennent les victimes sacrificielles d’un système pourri jusqu’à la moelle.
