Le pétrole recule, les investisseurs prennent leurs bénéfices malgré les tensions au Moyen-Orient

Le pétrole recule, les investisseurs prennent leurs bénéfices malgré les tensions au Moyen-Orient

Après avoir franchi brièvement la barre symbolique des 100 dollars le baril jeudi, les prix du pétrole ont nettement reculé vendredi. Les investisseurs restent toutefois extrêmement vigilants face à l’évolution des tensions au Moyen-Orient, notamment en mer Rouge, où les attaques contre des navires commerciaux continuent d’alimenter les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial.

En début de séance, le Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre cédait 4 %, à 96,66 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain reculait de 3,57 %, à 88,90 dollars.

Selon Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, la baisse des cours s’explique par le fait que plusieurs pétroliers transportant du brut saoudien continuent de franchir le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, malgré les attaques revendiquées par les rebelles houthis soutenus par l’Iran. Cette situation montre qu’il ne s’agit pas, pour l’instant, d’un blocage total de cette voie maritime essentielle, ce qui atténue temporairement les craintes d’une rupture des approvisionnements.

Après la flambée des prix observée ces derniers jours, les opérateurs prennent leurs bénéfices avant le week-end tout en surveillant de près les développements militaires dans la région. Certains investisseurs estiment également que la forte hausse du pétrole et des carburants pourrait pousser le président américain Donald Trump à rechercher des mesures visant à calmer les marchés.

Le recul des prix intervient alors que les affrontements entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent. L’armée américaine a mené une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires iraniennes, affirmant avoir achevé une treizième nuit consécutive d’opérations. En réponse, Téhéran a annoncé avoir lancé des drones contre des installations utilisées par les forces américaines au Bahreïn et en Jordanie.

Malgré cette correction des cours, les analystes estiment que les risques demeurent élevés. Pour Janiv Shah, de Rystad Energy, si les perturbations du trafic maritime se prolongent, les prix du pétrole pourraient repartir fortement à la hausse. Il souligne que les réserves stratégiques utilisées pour limiter les effets du conflit diminuent progressivement, tandis que les capacités de production disponibles sont déjà largement sollicitées, réduisant la marge de manœuvre du marché.

Le détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge à l’océan Indien, reste l’un des principaux points de vigilance. Toute fermeture ou perturbation durable de cette route maritime pourrait retarder le transport de plusieurs millions de barils de pétrole et provoquer une nouvelle envolée des prix sur les marchés mondiaux.

Même si les cours reculent ce vendredi, les investisseurs continuent donc de suivre avec attention l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient, qui demeure le principal facteur susceptible de provoquer de nouveaux mouvements de forte ampleur sur le marché pétrolier.

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