Un ancien commandant taliban condamné à 42 ans de prison pour enlèvement et soutien au terrorisme
La justice américaine a prononcé une lourde condamnation à l’encontre de l’ancien commandant taliban Hajji Najibullah. Mardi, un tribunal fédéral de Manhattan, à New York, l’a condamné à 42 années de réclusion pour son implication dans l’enlèvement du journaliste américain David Rohde ainsi que pour son soutien à des opérations ayant causé la mort de soldats américains en Afghanistan.
Cette sentence met un terme à une affaire qui remonte à 2008, lorsque Rohde, alors journaliste pour le The New York Times, avait été kidnappé avec un collègue et leur chauffeur lors de ce qu’il croyait être une simple interview en Afghanistan. Les trois hommes avaient été retenus en captivité pendant plus de sept mois avant de réussir une spectaculaire évasion depuis une zone contrôlée par les talibans dans les régions tribales pakistanaises.
Au cours de l’audience, marquée par une forte charge émotionnelle, David Rohde a directement interpellé son ancien ravisseur. Le journaliste a exprimé sa déception face à ce qu’il considère comme une tentative persistante de Najibullah de minimiser sa responsabilité dans les faits. Selon lui, les mensonges et les manipulations du commandant taliban avaient permis de tendre le piège qui conduisit à son enlèvement.
« La prise d’otages est un crime cruel et lâche », a déclaré Rohde devant le tribunal. Il a rappelé la souffrance endurée non seulement par les captifs, mais également par leurs familles, plongées durant des mois dans l’incertitude et l’espoir souvent illusoire de pouvoir sauver leurs proches.
En avril 2025, Najibullah avait plaidé coupable de plusieurs chefs d’accusation, notamment de soutien matériel au terrorisme et de complot en vue de prendre des otages. Les enquêteurs américains ont établi qu’entre 2007 et 2009, il avait fourni des armes et une assistance logistique aux talibans, tout en sachant que ces équipements serviraient à mener des attaques contre les forces américaines déployées en Afghanistan.
Âgé de 50 ans, l’ancien chef insurgé a présenté ses excuses au journaliste et à sa famille lors de l’audience. Debout devant la juge fédérale Katherine Polk Failla, il a déclaré regretter profondément son rôle dans l’enlèvement de Rohde, affirmant être conscient de la gravité des souffrances causées.
Malgré ces excuses, le tribunal a estimé que la gravité des faits justifiait une peine exemplaire. Au-delà du kidnapping, les magistrats ont retenu son implication dans plusieurs opérations armées ayant coûté la vie à des militaires américains. Très ému, David Rohde a rappelé à plusieurs reprises les noms de trois soldats tués par les hommes de Najibullah, soulignant que leur sacrifice dépassait largement les souffrances qu’il avait lui-même endurées durant sa captivité.
Cette condamnation constitue l’une des plus importantes prononcées ces dernières années aux États-Unis contre un ancien responsable taliban impliqué dans des actes de terrorisme, d’enlèvement et de violence armée contre des ressortissants américains. Elle illustre également la volonté de Washington de poursuivre les responsables d’attaques commises contre ses citoyens, même plusieurs années après les faits.
