Syrie : l’activiste Hassan Akkad arrêté à Damas, une campagne anticorruption au cœur des accusations

Syrie : l’activiste Hassan Akkad arrêté à Damas, une campagne anticorruption au cœur des accusations

L’activiste et créateur de contenu syrien Hassan Akkad a été arrêté mercredi à Damas, selon des informations relayées par la télévision d’État syrienne et confirmées par sa campagne. Il est poursuivi pour « diffamation, insulte et calomnie en ligne », dans le cadre d’une enquête ouverte par les autorités de cybersécurité.

L’affaire intervient dans un contexte sensible en Syrie, où les questions de liberté d’expression et de contrôle de l’espace numérique restent particulièrement controversées.

Selon la version communiquée par les autorités, l’équipe de cybersécurité aurait reçu plusieurs plaintes visant Hassan Akkad pour des contenus publiés en ligne jugés diffamatoires. Il aurait ensuite été placé en détention au service des enquêtes criminelles afin d’être entendu avant toute éventuelle comparution devant la justice.

Mais pour ses soutiens, les circonstances de l’arrestation soulèvent de sérieuses interrogations. La campagne « Remboursez ce que vous devez », lancée par l’activiste, affirme qu’il a été interpellé dans un café du quartier d’Al-Maliki à Damas par des agents en civil, certains armés et masqués, sans présentation de mandat d’arrêt.

Cette initiative visait notamment à pousser des hommes d’affaires syriens fortunés à honorer leurs promesses de financement pour la reconstruction du pays, un sujet particulièrement sensible dans la Syrie d’après-guerre.

Les proches de l’activiste affirment qu’aucune base juridique claire n’a été présentée au moment de son arrestation. Ses avocats n’auraient pas été informés de procédures en cours, alimentant les critiques sur le respect des droits fondamentaux.

Des défenseurs des droits humains rappellent également que Hassan Akkad avait déjà été détenu sous le précédent régime, et voient dans cette nouvelle arrestation un signal inquiétant pour les voix critiques.

La militante des droits humains Céline Kasem, présente lors de l’interpellation selon son témoignage, a dénoncé sur les réseaux sociaux le maintien d’un cadre juridique hérité de l’ancien système, estimant que les poursuites devraient viser les faits de corruption et non les lanceurs d’alerte.

Connu pour son parcours de migrant devenu militant, Hassan Akkad s’est imposé ces dernières années comme une voix critique sur les questions de justice sociale, de reconstruction et de responsabilité financière en Syrie. Sa campagne récente ciblait directement les élites économiques accusées de ne pas respecter leurs engagements financiers liés à la reconstruction du pays.

Son arrestation relance ainsi le débat sur les limites de la liberté d’expression et sur le rôle des activistes dans la dénonciation des réseaux de corruption dans un contexte politique encore fragile.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre les autorités syriennes et les figures de la société civile. Elle interroge également la place des campagnes numériques dans un pays où l’espace public reste étroitement encadré.

Alors que les enquêtes se poursuivent, l’arrestation d’Hassan Akkad pourrait devenir un nouveau point de friction entre défenseurs des droits humains et institutions judiciaires, dans une Syrie toujours en quête de stabilité politique et économique.

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