Le pétrole flambe, les marchés boursiers dévissent après la fin du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran
Les marchés pétroliers et financiers mondiaux ont été secoués mercredi 8 juillet après que le président américain Donald Trump a annoncé que le cessez-le-feu conclu avec l’Iran était désormais « terminé ». Depuis Ankara, où il participe au sommet de l’OTAN, le président américain a également fermé la porte à toute reprise du dialogue avec Téhéran, estimant que « traiter avec eux est une perte de temps ». Cette déclaration a été interprétée comme la fin de toute perspective de désescalade diplomatique, ravivant les craintes d’un conflit prolongé au Moyen-Orient et de nouvelles perturbations de l’approvisionnement mondial en pétrole.
La réaction des marchés a été immédiate. Le Brent a bondi de plus de 5 %, atteignant près de 78 dollars le baril, sa plus forte hausse quotidienne depuis la fin mai. Si ce niveau reste inférieur aux sommets dépassant 120 dollars enregistrés au plus fort des hostilités, il ravive les craintes d’un retour des tensions inflationnistes à l’échelle mondiale. Les investisseurs redoutent qu’une nouvelle escalade compromette la circulation du pétrole dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième des exportations mondiales de brut. Toute interruption du trafic maritime dans cette zone pourrait provoquer un choc d’offre bien plus important que ceux observés jusqu’à présent.
Cette nouvelle flambée des prix intervient dans un contexte déjà marqué par des frappes croisées entre les forces américaines et iraniennes, des attaques contre des navires marchands et des infrastructures énergétiques, ainsi que par le durcissement de la politique américaine envers les exportations pétrolières iraniennes. Les États-Unis ont notamment mené des frappes contre des systèmes de défense aérienne, des installations de surveillance côtière ainsi que des sites de lancement de drones et de missiles antinavires, renforçant les inquiétudes quant à une confrontation durable dans la région.
Les marchés obligataires ont également réagi avec vigueur. Le rendement des obligations américaines à dix ans a atteint 4,56 %, son plus haut niveau en un mois, tandis que les taux des emprunts allemands et italiens à dix ans ont grimpé respectivement à 3,06 % et 3,9 %. Les investisseurs anticipent désormais un risque plus élevé de maintien de l’inflation sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie, ce qui pourrait retarder tout assouplissement monétaire des principales banques centrales.
Cette inquiétude est accentuée par l’état des réserves stratégiques américaines de pétrole, tombées à leur plus bas niveau depuis 1983, à environ 319,5 millions de barils. Dans un marché déjà fragilisé par plusieurs mois de tensions géopolitiques, cette faible marge de sécurité renforce la vulnérabilité de l’économie mondiale face à un éventuel choc supplémentaire sur l’offre.
Les places boursières ont, elles aussi, subi une forte correction. L’indice paneuropéen STOXX 600 a cédé environ 1,6 %, enregistrant sa plus forte baisse quotidienne depuis la mi-mars, tandis que les contrats à terme de Wall Street perdaient entre 0,8 % et 1,2 %. L’indice de volatilité VIX a bondi de près de 13 %, traduisant un regain marqué de l’aversion au risque.
Cette correction s’inscrit également dans une remise en question des valorisations des grandes valeurs technologiques et de l’intelligence artificielle. Malgré des bénéfices trimestriels multipliés par 19, Samsung Electronics a reculé pour une deuxième séance consécutive, les investisseurs redoutant un ralentissement de la demande de puces mémoire et une normalisation de la croissance du secteur. Les marchés s’interrogent désormais sur la capacité des entreprises de l’IA à maintenir leur pouvoir de fixation des prix alors que les contraintes de production s’atténuent et que la concurrence s’intensifie.
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Sur le marché des changes, le dollar s’est renforcé face aux principales devises, porté par son statut de valeur refuge. Les investisseurs attendent désormais les prochaines indications de la Réserve fédérale américaine afin d’évaluer si la hausse des prix de l’énergie pourrait modifier la trajectoire de la politique monétaire.
