Une vidéo virale entraîne l’incarcération d’un gardien après un déversement d’huile sur une plage rocheuse ayant causé un décès

Une vidéo virale entraîne l’incarcération d’un gardien après un déversement d’huile sur une plage rocheuse ayant causé un décès

Le doyen des juges d’instruction près le tribunal de Dar El Beïda a ordonné, hier, le placement en détention provisoire à l’établissement pénitentiaire d’El Harrach d’un chef de famille, gardien de profession dans une commune de la capitale, pour son implication dans la mort d’un trentenaire, originaire de la wilaya de Tissemsilt, venu à Alger pour travailler dans le bâtiment.

La victime a trouvé la mort parmi les rochers de la plage, dans la commune de Bordj El Kiffan, à l’est de la capitale, suite à sa glissade provoquée par une substance visqueuse, de l’« huile de moteur », que l’accusé arrêté avait déversée sur les pierres pour empêcher les estivants de s’y asseoir sans motif.

La décision du juge d’instruction fait suite à la mise en examen de l’accusé pour trois chefs d’accusation cumulés : délit d’homicide involontaire, délit de détention d’armes sans permis et délit de déversement de substances en mer.

Dans cette affaire, l’accusé, identifié comme « T. Zakaria », agent de sécurité à la commune de Bordj El Kiffan et pêcheur amateur, a été arrêté. Son arrestation est intervenue après la publication, la semaine dernière, d’une vidéo sur le réseau social « TikTok ». Dans cette vidéo, son auteur reprochait à un jeune homme présent sur l’une des plages d’avoir versé de l’huile sur les rochers de la berge, ayant entraîné la chute d’un autre jeune homme du haut du rocher sur lequel il s’apprêtait à s’asseoir pour profiter du bleu de la mer, et ce, au début de la saison estivale.

Le réalisateur de la vidéo paraissait très affecté par le décès de la victime, le réprimandant longuement tout en filmant le rocher recouvert d’une huile d’un noir profond.

La vidéo a suscité une vague de colère et de vif ressentiment parmi les internautes, qui ont qualifié le comportement de l’auteur d’« incivil ». D’autres ont estimé que cet acte constituait une infraction caractérisée, un crime de plein droit, nécessitant une mise en cause juridique de son auteur, considérant que la plage est un espace de loisirs et touristique, et que nul ne peut, en aucune circonstance, violer la liberté des estivants qui s’y rendent.

Selon les informations rapportées, l’accusé a nié dès le premier instant avoir versé l’huile sur la plage rocheuse, et ce, malgré la vidéo qui documentait les faits au moment même de leur commission.

De son côté, le père de la victime s’est constitué partie civile dans cette affaire en tant qu’ayant droit. Il a affirmé que son fils était venu à la capitale pour travailler comme maçon et qu’il avait appris son décès suite à sa chute sur la plage, déclarant son intention de maintenir les poursuites judiciaires.

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