Syrie : Ahmad al-Charaa inaugure le nouveau Parlement et accélère la transition politique

Syrie : Ahmad al-Charaa inaugure le nouveau Parlement et accélère la transition politique

Le président syrien Ahmad al-Charaa a présidé, dimanche 12 juillet, la séance inaugurale du nouveau Parlement de transition, une étape majeure dans le processus de reconstruction institutionnelle engagé après la chute de Bachar al-Assad. Les 220 membres de cette Assemblée ont prêté serment à Damas en présence du chef de l’État, marquant officiellement le début des travaux de l’organe législatif intérimaire.

Dans son discours d’ouverture, Ahmad al-Charaa a présenté cette session comme le symbole d’un nouveau départ pour le pays.
« Aujourd’hui, la Syrie écrit un nouveau chapitre de son histoire, un chapitre qui reflète sa civilisation, ses valeurs et son héritage. Ensemble, écrivons l’histoire d’une Syrie moderne », a-t-il déclaré devant les députés.

Le président a affirmé que cette nouvelle étape s’inscrivait dans une dynamique de renforcement des institutions de l’État, soulignant que la Syrie de demain serait fondée sur la compétence, l’État de droit et des institutions solides. Il a également appelé les parlementaires à faire de l’Assemblée « un modèle de responsabilité nationale » au service de tous les Syriens.

La mise en place de cette Assemblée constitue l’une des principales mesures prévues par le calendrier de transition adopté par les nouvelles autorités après la prise de pouvoir des forces dirigées par Ahmad al-Charaa en décembre 2024.

Le Parlement est composé de 220 membres. Un tiers d’entre eux a été directement nommé par le président, tandis que les autres ont été désignés à l’issue d’un scrutin indirect organisé par près de 6 000 grands électeurs sélectionnés par les autorités. La majorité des députés appartient à la communauté sunnite, majoritaire dans le pays.

L’ouverture de cette première session, initialement prévue le 7 juillet, avait été reportée de quelques jours afin de finaliser un accord sur la désignation du président de l’Assemblée et sur plusieurs questions d’organisation interne.

Selon les autorités syriennes, ce Parlement de transition n’a pas vocation à être permanent. Il doit accompagner la mise en œuvre du processus politique en préparant une nouvelle Constitution, une nouvelle loi électorale et les réformes nécessaires à l’organisation d’élections générales prévues d’ici 2029.

Le gouvernement présente cette Assemblée comme une institution transitoire destinée à assurer la continuité de l’État et à accompagner la transformation du système politique vers un modèle plus pluraliste.

L’installation du Parlement intervient toutefois dans un climat sécuritaire encore instable. Quelques jours auparavant, deux attentats à la bombe ont frappé Damas au moment de la visite du président français Emmanuel Macron. Selon plusieurs témoignages, les députés ont été acheminés vers le siège du Parlement sous haute protection et n’ont été informés de l’horaire exact de la séance qu’au dernier moment.

Cette première session du Parlement s’est tenue dans un contexte sécuritaire toujours fragile. Quelques jours plus tôt, alors que le président français Emmanuel Macron effectuait une visite officielle à Damas, deux explosions ont secoué la capitale syrienne, faisant un mort et 36 blessés selon les autorités. Ces attaques, survenues dans un climat de tensions persistantes, ont conduit à un renforcement des mesures de sécurité autour de la séance inaugurale. Plus largement, la Syrie reste confrontée à de nombreux défis sécuritaires, après plusieurs épisodes de violences ayant touché ces derniers mois la côte syrienne et la province de Soueïda, où des opérations militaires ont provoqué de lourdes pertes humaines.

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