L’Arabie saoudite salue le retrait annoncé de la Syrie de la liste américaine des États soutenant le terrorisme

L’Arabie saoudite salue le retrait annoncé de la Syrie de la liste américaine des États soutenant le terrorisme

L’Arabie saoudite a salué jeudi la décision des États-Unis d’engager le retrait de la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme, estimant que cette initiative constitue « une étape importante vers la normalisation et la stabilité » du pays. Le ministère saoudien des Affaires étrangères a réaffirmé son soutien à « toutes les mesures positives » prises par Damas pour renforcer la sécurité, consolider les institutions de l’État et répondre aux aspirations du peuple syrien à un avenir plus stable et prospère.

La décision américaine a été annoncée par le secrétaire d’État Marco Rubio, qui a indiqué que le président Donald Trump avait officiellement notifié au Congrès son intention de retirer la Syrie de cette liste, lançant ainsi la période légale de notification de 45 jours avant l’entrée en vigueur de la mesure. « Il s’agit d’une nouvelle étape historique du président Trump pour offrir au peuple syrien une véritable chance de reconstruire son pays », a déclaré M. Rubio, soulignant l’importance d’une réintégration progressive de la Syrie dans les circuits diplomatiques et économiques internationaux.

Le gouvernement syrien a qualifié ce geste de Washington d’« évolution importante » dans les relations bilatérales et d’occasion d’ouvrir une nouvelle page diplomatique après des décennies d’isolement. Damas souligne que son inscription sur cette liste, en 1979 sous la présidence de Hafez al-Assad, a eu de lourdes conséquences économiques, notamment des sanctions secondaires, des difficultés d’accès aux marchés financiers internationaux ainsi que des obstacles aux investissements étrangers et à la reconstruction des régions dévastées par la guerre.

Pour les autorités syriennes, cette décision représente également une victoire politique susceptible d’alléger la pression internationale et de favoriser, à terme, l’assouplissement de certaines restrictions économiques. Des responsables syriens estiment qu’elle pourrait encourager le retour d’investisseurs étrangers, notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports et des infrastructures. Ils soulignent toutefois que des garanties juridiques solides et une amélioration durable de la sécurité restent indispensables pour relancer les investissements.

Cette annonce intervient quelques semaines après la rencontre entre le président américain Donald Trump et le président syrien Ahmad al-Charaa, en marge du sommet de l’OTAN à Ankara. Considérée par plusieurs analystes comme un tournant pragmatique, cette entrevue témoigne d’une volonté de redéfinir des relations longtemps marquées par les sanctions et la confrontation.

Les observateurs estiment que cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de recomposition régionale, plusieurs acteurs, dont la Turquie, l’Égypte et certains États du Golfe, cherchant à normaliser ou à réévaluer leurs relations avec Damas pour des raisons sécuritaires, économiques et géopolitiques.

Outre l’Arabie saoudite, plusieurs pays du Moyen-Orient ont réagi avec prudence, tout en saluant cette évolution. La Turquie, confrontée aux conséquences du conflit syrien et à la question des réfugiés, a estimé que toute initiative favorisant la stabilité de la Syrie était positive, tout en rappelant la nécessité d’une transition politique inclusive. L’Iran et la Russie, alliés de longue date de Damas, ont vu dans cette décision américaine une reconnaissance partielle de leur rôle dans le maintien de l’État syrien, tout en appelant à la levée de l’ensemble des sanctions encore en vigueur.

En Occident, les réactions demeurent plus nuancées. Plusieurs responsables européens ont rappelé que le retrait de la Syrie de cette liste ne devait pas occulter les préoccupations persistantes concernant les violations des droits humains, la justice et la lutte contre l’impunité. Des organisations non gouvernementales ont également mis en garde contre une normalisation jugée prématurée en l’absence de progrès concrets en matière de réconciliation nationale et de responsabilité des auteurs d’exactions.

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