Indignation sélective : comment l’affaire de l’adolescent Wassim révèle les failles des droits de l’enfant en Algérie
Dans les coulisses et les salons de l’ingénierie politique, une règle d’or semble immuable : si vous ne pouvez pas nourrir le peuple, offrez-lui un drame théâtral où il pleure son sort. C’est ainsi que, par un tour de magie, l’histoire de l’enfant Wassim est devenue la cause centrale de la nation, faisant trembler les chaises et le trône, au point que le simple citoyen, qui ne trouve pas d’eau pour laver ses souillures, se prépare mentalement à « envahir les voisins » en guise de vengeance pour la dignité de l’enfant violé, oubliant que sa propre dignité, et celle de milliers d’enfants, est bafouée quotidiennement, plusieurs fois, dans les commissariats et les files d’attente de l’humiliation et de la honte.
L’équation est claire et ne requiert aucun génie hors du commun : nous vivons une atmosphère de forte abstention électorale, où les urnes déplorent l’abandon et le citoyen a décidé de boycotter un jeu dont les résultats sont connus et concoctés d’avance dans les coulisses du Palais d’El Mouradia. Mais comment remplir les cadres devant les objectifs des médias officiels ? La solution est magique et simple : habillez les hommes de la sécurité et de l’armée en civil, et faites-les se tenir dans les files d’attente électorales pour créer une scène démocratique par excellence pour le monde et préparer le terrain à la troisième mandature de l’eunuque Abdelmadjid Tebboune, avec le financement et la bénédiction des hommes en uniformes militaires.
Et la question que tout citoyen sage se pose dans ce pays des miséreux : est-il concevable que la présidence intervienne de tout son poids dans un incident anodin ou fabriqué ? Oui, c’est très concevable lorsque l’objectif est l’anesthésie collective. C’est une politique de fabrication d’ennemis imaginaires pour distraire les affamés et les démunis avec l’ennemi extérieur. Parler de l’envie et de la haine des voisins à notre égard, nous Algériens, est bien plus facile que de parler de la corruption de la bande des généraux, du pillage des richesses et de l’échec des politiques économiques et de développement. Ainsi, pendant que le peuple misérable est absorbé par la vengeance pour l’enfant Wassim et le rêve d’envahir les frontières des voisins, des complots et des intrigues plus profonds se trament dans les coulisses du Palais d’El Mouradia afin que la bande des généraux puisse continuer à gouverner et à siphonner les richesses, tandis que le citoyen persiste dans ses rêves futiles, se réveillant à une réalité de faim et de pauvreté qu’aucune propagande ne peut cacher.
Et tandis que nous observons cette instrumentalisation politique, cette fabrication d’événements et cette falsification des faits, la conscience populaire demeure absente, quasi perdue et totalement anesthésiée. Nous constatons également l’efficacité et la performance de ces méthodes sales et suspectes, capables de tromper les générations nouvelles et anciennes avec des ruses et des stratagèmes qui ne berneraient pas un petit enfant.
