Sous l’ère de Tebboune, légumes et fruits en Algérie au goût d’excréments et de pétrole
Notre pays, Dieu merci, et sous le mandat du clown Abdelmadjid Tebboune, est entré dans une ère d’autosuffisance d’un genre tout à fait particulier. Une autosuffisance qui, loin d’exiger l’importation d’engrais chimiques onéreux, s’appuie entièrement sur le génie local pour métamorphoser les égouts et les résidus industriels en de véritables sources de Kauthar, abreuvant ainsi les récoltes de légumes et de fruits qui nourrissent le petit peuple et sa progéniture.
Récemment, les plateformes de réseaux sociaux ont été ébranlées et les cœurs ont pleuré de chagrin suite au décès d’un jeune homme et d’un nourrisson en pleine fleur de l’âge, sans qu’ils n’aient commis ni faute ni péché. Les premières enquêtes indiquent qu’il s’agit d’une intoxication alimentaire résultant de la consommation de fruits irrigués par les eaux usées, mélangées au brouillard des cimenteries et à des gouttelettes de pétrole. N’est-ce pas là le développement durable réclamé par les experts et sages de la caste militaire ? La fusion des secteurs de l’agriculture, de l’énergie et de l’irrigation en une seule coupe… la coupe de la mort ! Il semble que certains de nos valeureux responsables et agriculteurs aient inventé une nouvelle théorie biologique, surpassant même les scientifiques de la NASA.
Car, selon leur doctrine, la plante n’a plus besoin des eaux de pluie douces ou des eaux de barrage (un luxe que le petit peuple ne mérite pas). Il lui suffit d’un peu d’eaux usées, parfumées à l’arôme des hydrocarbures et saupoudrées de débris de ciment, pour que les fruits mûrissent, que la pastèque atteigne la taille du dôme du Parlement (Assemblée Populaire Nationale) et que la tomate acquière une rougeur qui rivalise avec la rougeur de la honte des responsables… si tant est qu’ils soient capables de rougir de leurs actes. Tandis que les organisations de protection des consommateurs ont mis le monde sens dessus dessous et réclament l’arrêt de ce qu’elles qualifient de « catastrophe sanitaire ». Le plus étrange est que ces organisations et associations ignorent le plan machiavélique des généraux. Car la clique dirigeante dispose d’une vision stratégique à long terme : premièrement, réduire la croissance démographique par des méthodes naturelles et sans coût (des pommes de terre contaminées suffisent amplement à la tâche et diminuent le nombre d’habitants) ; et deuxièmement, tester la capacité du système immunitaire du citoyen misérable à résister aux déchets, aux eaux polluées, aux métaux lourds et aux liquides pétroliers. Quiconque en survit après avoir consommé ce « repas de la mort » sera qualifié pour passer à l’étape suivante avec brio. Et dans les jours à venir, ne soyez pas étonnés si un responsable, dans son élégant costume, vient annoncer lors d’une conférence de presse, le visage dénué de la moindre parcelle de pudeur, que les eaux usées en Algérie contiennent des sels minéraux rares, introuvables ailleurs que sur notre sol et à la surface de Mars, ou qu’il affirme par exemple que les résidus pétroliers confèrent aux fruits et légumes une énergie cinétique plus rapide et plus puissante. Car les prétextes du gouvernement du pantin Tebboune sont toujours prêts, et l’échec, pour eux, trouve toujours des justifications techniques et indépendantes de leur volonté. Le lamentable échec n’est plus un simple problème de mauvaise gestion ; il est devenu une véritable philosophie de vie, imposée au citoyen depuis son assiette jusqu’à l’air qu’il respire. Ainsi, lorsque l’autorité militaire devient incapable de protéger un jeune homme et un nourrisson d’un poison déversé ouvertement sur les cultures, tous les discours d’accomplissements ne sont plus que des bulles de savon dans les égouts où ils abreuvent notre subsistance, cher citoyen misérable. Aussi, la prochaine fois que vous achèterez fruits ou légumes, ne demandez pas au vendeur s’ils sont doux au goût ou quel est leur prix exorbitant. Interrogez-le plutôt avec prudence : « Ces fraises proviennent-elles des champs de Sonatrach ou ont-elles été irriguées sous la supervision de l’Office National de l’Assainissement (ONA) ? »… Et consommez-les en récitant les deux professions de foi (chahadateyne). Car les morts dans notre pays sont devenus des martyrs, même s’ils n’ont pas résisté à un ennemi ou mené le jihad pour la cause de Dieu.
