Italie : Giorgia Meloni essuie un revers parlementaire majeur sur sa réforme électorale

Italie : Giorgia Meloni essuie un revers parlementaire majeur sur sa réforme électorale

Le gouvernement de Giorgia Meloni a subi un sérieux revers politique après le rejet, à une voix près, d’un amendement clé de sa réforme électorale à la Chambre des députés. Malgré les appels de la Première ministre à l’unité de sa majorité, plusieurs élus de la coalition ont fait défection ou se sont abstenus lors d’un vote à bulletin secret demandé par l’opposition, révélant des fractures internes à un peu moins d’un an des élections générales.

L’amendement, considéré comme la pièce maîtresse de la réforme, a été rejeté par 188 voix contre 187. Porté par le parti de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia (FdI), avec le soutien de Noi Moderati et de l’UDC, il visait à réintroduire le système des votes préférentiels dans le futur mode de scrutin. Ce résultat constitue la première véritable défaite parlementaire du gouvernement sur ce dossier emblématique.

Après le vote, Giorgia Meloni a dénoncé sur les réseaux sociaux une victoire des intérêts partisans au détriment des citoyens. « Nous avons essayé de réintroduire le système de préférences, mais le marigot a gagné », a-t-elle écrit, estimant que l’opposition avait empêché les électeurs de choisir plus directement leurs représentants.

L’opposition a immédiatement saisi cette occasion pour accentuer la pression sur l’exécutif. Le chef du Mouvement Cinq Étoiles, Giuseppe Conte, a appelé la Première ministre à ouvrir une crise gouvernementale et à quitter le pouvoir, estimant que la majorité avait perdu sa crédibilité. De son côté, la secrétaire du Parti démocrate, Elly Schlein, a jugé que le gouvernement devait reconnaître son échec et laisser la place à une équipe capable de répondre aux préoccupations des Italiens.

Le projet de réforme électorale défendu par le gouvernement prévoit de remplacer l’actuel système mixte par une représentation proportionnelle assortie d’un bonus majoritaire accordé à la coalition obtenant au moins 42 % des suffrages, tout en supprimant les circonscriptions uninominales.

Surnommée « Stabilicum » par les médias italiens, en référence à son objectif affiché de garantir une plus grande stabilité politique, la réforme entend également modifier le mode de désignation des députés. Le bulletin de vote comporterait le nom du chef de la coalition et du candidat au poste de Premier ministre, ainsi qu’une liste de six candidats parmi lesquels les électeurs pourraient exprimer jusqu’à trois préférences.

Si Giorgia Meloni présente cette réforme comme un moyen de mettre fin à l’instabilité chronique qui caractérise la politique italienne, le projet suscite de fortes critiques.

L’opposition y voit une tentative de modifier les règles électorales à l’approche des élections afin de favoriser la majorité actuelle. Mais les réserves ne viennent pas uniquement des partis de gauche. Plusieurs composantes de la coalition gouvernementale, notamment la Ligue de Matteo Salvini et Forza Italia, ont également exprimé leurs inquiétudes sur certains aspects du texte, en particulier sur le pouvoir accru accordé aux appareils des partis dans la composition des listes de candidats.

Selon les premières estimations, une trentaine de députés de la majorité n’auraient pas suivi la consigne de vote ou se seraient abstenus lors du scrutin secret, expliquant ainsi la défaite du gouvernement.

Avant le vote, Giorgia Meloni avait dénoncé le recours au scrutin secret réclamé par l’opposition, estimant qu’il favorisait les manœuvres politiques et les dissidences internes. Les faits lui ont finalement donné raison, puisque ce mode de scrutin a permis à plusieurs parlementaires de la majorité de voter contre l’amendement sans s’exposer publiquement.

Même si le rejet de cet amendement ne remet pas en cause l’ensemble de la réforme électorale, qui poursuit son parcours parlementaire, il fragilise la Première ministre et met en évidence les tensions croissantes au sein de sa coalition. Cette défaite offre également un nouvel élan à l’opposition, qui espère transformer ces divisions en avantage politique lors des prochaines élections générales.

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